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Le Vrai Débat classé 7ème blog politique qui gagne le plus en influence. Merci à vous
tous.
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Nos "élites" n'ont plus que cet adjectif à la bouche : mondial.
Gouvernance mondiale, autorité mondiale, nouvel ordre mondial, et même gouvernement mondial : il serait indispensable, dans notre intérêt bien sûr, qu'émerge une forme d'organisation
mondiale du pouvoir capable de résoudre les grands défis de notre temps. C'est parce que ces derniers, le changement climatique, les épidémies, le capitalisme financier, le terrorisme, ont une
dimension planétaire que cette perspective serait inéluctable.
Les médias relaient généralement cette analyse sans se poser de questions. Tout semble si logique. Effectivement, qui dit problème mondial dit autorité mondiale pour le
solutionner.
Et pourtant, si on se penche réellement sur la question, on s'aperçoit qu'il y a dans cette équation une escroquerie intellectuelle, et deux menaces de premier ordre.
Une escroquerie intellectuelle d'abord. En effet, prétendre que seul un pouvoir mondial est en mesure de trouver des réponses à des problématiques de dimension planétaire
sous-entend qu'il n'y aurait pas d'autre alternative à l'opposition factice monde/nation.
Il y aurait d'un côté le niveau mondial, forcément moderne, forcément adapté, forcément efficace, et de l'autre côté le niveau national, dépassé, trop petit, inefficace.
Quiconque émettra des doutes sur le projet mondialiste se verra jeter à la figure ce raisonnement, supposé mettre fin à tout débat.
C'est une escroquerie. Parce qu'il existe depuis tout temps une articulation entre le national et le niveau global, qu'on nommait auparavant "international". Un Etat-nation peut
par définition agir sur son territoire, mais il peut aussi agir en dehors, s'il parvient à coopérer avec les autres Etats-nations, dans le cadre d'une collaboration internationale, qui peut
d'ailleurs prendre des formes variées : souple ou structurée, voire très intégrée. Il y a même des enceintes prévues pour cela, à commencer par l'ONU.
Un problème mondial, comme le terrorisme ou la pollution par exemple, peut donc parfaitement trouver une parade face à lui sans qu'on soit obligé de mettre en place une autorité globale
au-dessus des nations. C'est en coopérant, en passant des accords, en s'engageant sur des objectifs communs, que les Etats-nations peuvent agir efficacement contre ce type d'enjeux à
dimension mondiale.
Il y a d'ailleurs eu de tout temps des problèmes de taille mondiale. Et de tout temps, les nations ont su réagir ensemble : face au terrorisme international depuis des décennies
déjà, face aux épidémies, face à l'organisation des communications internationales.
Il faut donc refuser la fausse alternative mondial/national, qui sonne inexorablement comme une opposition, parfaitement idéologique, entre le moderne et l'archaïque. Il faut
refuser ce piège, qui vise à légitimer la mise en place d'autorités supranationales qui échapperont au contrôle et à la responsabilité démocratique.
Parce qu'il y a en effet derrière cette escroquerie intellectuelle une double menace.
D'abord, une menace essentielle vis-à-vis de la démocratie. Les autorités nationales sont l'émanation dans les pays démocratiques d'une volonté populaire, souvent imparfaite certes, mais
réelle. Quand un gouvernement national agit, sur son territoire ou au niveau international, il représente un peuple, devant lequel il sera redevable.
Ce n'est évidemment plus le cas lorsqu'on passe à un niveau mondial, au-dessus des nations. Devant qui serait responsable une autorité ou un gouvernement mondial, pour reprendre l'expression de
Jacques Attali ? Il n'y a pas de peuple mondial.
On le voit bien déjà en Europe. L'absence de peuple européen rend insupportable l'excès de pouvoir dont jouit la Commission de Bruxelles, souvent dénoncée à juste titre parce
qu'échappant à tout contrôle démocratique. Ce problème européen serait décuplé au niveau mondial. Très vite, cette autorité mondiale au-dessus des nations réclamerait, toujours pour notre bien,
de plus en plus de prérogatives. Il faut lutter contre le changement climatique, cela nécessite donc des instruments d'action : la politique environnementale, mais aussi la politique
d'aménagement du territoire, la politique des transports, etc. L'exemple de l'Union européenne nous permet d'imaginer sans grande difficulté vers quel gouffre antidémocratique nous nous
aventurerions. Nous avons déjà assez à faire avec nos "élites" nationales et l'oligarchie européenne pour ne pas avoir à subir une nouvelle oligarchie mondiale.
Le pouvoir politique doit nécessairement correspondre aux réalités des peuples. Le principe qui veut qu'à un peuple corresponde un gouvernement et un parlement ne relève pas seulement de la
science politique. Il est éminemment pratique, parce que lorsqu'il est bafoué, c'est la démocratie qui recule, et finalement nos libertés qui disparaissent peu à peu.
La seconde menace du schéma mondialiste tient au contenu-même des politiques qui seraient mises en place si une autorité mondiale supranationale voyait le jour.
Le fait que
des politiques soient arbitrées au niveau mondial aurait nécessairement un impact fort sur les décisions prises et le contenu de ces politiques. En matière commerciale par exemple, on comprend
bien que le débat entre libre-échange et protectionnisme, pourtant essentiel à l'heure où le capitalisme financier sans frontières vacille, serait nécessairement tranché dans le sens du
libre-échange. L'autorité mondiale en effet ne connaitrait plus de frontières dans les politiques dont elle aurait la charge. Et sans frontières, il n'y a pas de protection et de protectionnisme
possibles. Le libre-échange s'imposerait donc de façon quasi-automatique.
Ce schéma est reproductible dans bien des cas, sur d'autres sujets essentiels pour notre vie quotidienne, à fort impact sur le chômage, le pouvoir d'achat, les délocalisations.
Encore une fois, on retombe assez vite sur l'exemple miniature d'autorité mondiale que nous connaissons bien : l'Union européenne. Comme son fonctionnement supranational est par
essence antidémocratique, il induit aussi par définition un certain nombre de choix idéologiques : le libre-échange total en Europe (au point que le continent est devenu la zone la plus
ouverte du monde), le moins-disant social et la course à la baisse des salaires via l'alignement par le bas.
Sachons décoder l'actualité et repérer les raisonnements fallacieux. Ils cachent souvent une volonté d'enfumer les opinions publiques au bénéfice de quelques oligarchies
puissantes, celles qui ont tout intérêt à ce que rien ne change et que tout continue d'aller dans la même direction.

Profitons d'être arrivés à mi-mandat du président de la République pour faire un point sur le sarkozysme.
Qu'entend-on vraiment par "sarkozysme" ? Que recouvre cet exercice du pouvoir apparemment rejeté par une majorité de Français, d'après les derniers sondages, mais qui conserve,
on le constate chaque jour, un attrait suffisamment fort pour continuer à en berner beaucoup ?
Le sarkozysme n'est pas d'abord une politique. Ce n'est pas ce qui le caractérise le mieux, et ce n'est donc pas par là qu'on parviendra le plus aisément à l'atteindre au
coeur.
Est-ce à dire que le sarkozysme n'a pas de consistance idéologique ? Bien sûr que non. Le sarkozysme est très cohérent. Il vise à adapter la France, dans ses structures
économiques et sociales, dans ses principes politiques, dans sa chair, au projet libéral-mondialiste. Union européenne antidémocratique, destruction des services publics et de l'Etat,
affaiblissement des principes républicains comme la laïcité et l'égalité, destruction de la cohésion nationale par le communautarisme et la discrimination positive, tout concourt à mener une
politique de renoncement à la France et à nos idéaux. Toutes les mesures s'articulent les unes avec les autres, rien n'est laissé au hasard. Le corpus idéologique du sarkozysme, s'il se cache
derrière un prétendu pragmatisme, est en réalité solide et implacable.
Mais le sarkozysme n'est pas d'abord une politique parce que ce corpus idéologique est au pouvoir depuis 30 ans. Depuis l'arrivée de Valéry Giscard d'Estaing en effet, la France
va toujours dans la même direction. Qu'ils aient été de gauche ou de droite, les gouvernements successifs ont imposé cette voie au pays, entretenant pour cela l'illusion d'un débat
factice entre une gauche et une droite pareillement compromises et passant outre quand il le fallait la résistance du peuple normalement souverain (à cet égard, c'est au sujet de l'Union
européenne, incroyable accélérateur de mondialisation, que les atteintes à la démocratie ont été les plus nombreuses).
Le sarkozysme a sûrement accéléré le mouvement, mais il n'a pas innové du point de vue de la doctrine. Il n'y qu'en matière de politique étrangère qu'il a assumé de tourner
franchement la page du gaullisme et de l'indépendance nationale en choisissant l'alignement systématique sur les Etats-Unis. En réalité, même si l'épisode du non à la guerre en Irak en 2003
l'avait un temps masqué, cet alignement était en cours depuis des décennies déjà.
Si ce n'est une politique, qu'est donc le sarkozysme ?
Nous pensons qu'il s'agit avant tout d'une façon de gouverner, d'un contenant plus que d'un contenu. Et un mot résume parfaitement ce contenant : enfumage.
Plus que jamais en effet, le pouvoir depuis l'élection de Nicolas Sarkozy ment, manipule et trompe les citoyens. La campagne du candidat de l'UMP avait déjà donné le ton :
désormais le pouvoir ne s'astreindrait plus au moindre devoir de vérité. L'objectif sera de faire durer l'illusion, et pour cela tous les moyens seront bons.
Entendons-nous bien, nous ne disons pas que nous sommes passés un beau jour de 2007 de la Vérité au Mensonge. Le mensonge fait partie de la
politique, et il gangrénait déjà largement le débat avant l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy.
Ce que nous disons, c'est que sous la présidence Sarkozy, le mensonge et la manipulation ont été industrialisés, professionnalisés à un point tel qu'il est aujourd'hui extrêmement
difficile, sur la plupart des sujets, de démêler le vrai du faux.
Sur l'insécurité et l'immigration par exemple, le gouvernement entretient en permanence le sentiment de l'action et de la fermeté.
Tous les 6 mois, et prioritairement les
veilles d'élection, le débat est relancé. Une idée révolutionnaire apparaît, qui sera toujours sans lendemain. Mais peu importe, puisque la rapidité du passage d'un thème à l'autre dans l'agenda
politique et médiatique tue la mémoire du citoyen. Hier les tests ADN, aujourd'hui le couvre-feu pour les mineurs délinquants, sans oublier l'opportun débat sur l'identité nationale.
Sur la crise, la même technique a été utilisée. Nicolas Sarkozy est dans l'action, il est à l'origine des G20, il a conduit avec panache la présidence de l'Union
européenne en 2008 et a su sortir la France des griffes de la récession. Il serait très dur avec les patrons voyous, les banquiers pourris, et les paradis fiscaux.
Tout cela est parfaitement faux bien sûr, Sarkozy est systématiquement marginalisé lors des G20, rien n'a changé, les traders s'amusent plus que jamais, mais l'important est d'être
parvenu à faire croire le contraire.
Sur l'Europe, la dernière campagne des élections au parlement fut un parfait exemple de cet enfumage généralisé : comme jamais, l'Europe fut critiquée, dénoncée à
juste titre dans ce qu'elle bride les Etats nations et aggrave les effets de la mondialisation libérale. Même les partis réputés européistes y allaient de leur petit couplet sur l'Europe trop
libérale, trop dogmatique, trop technocratique.
Dans les faits, tout ce petit monde poussait en catimini à l'adoption la plus rapide possible du Traité de Lisbonne, nouveau nom de la Constitution européenne, qui renforce plus que
jamais, on s'en rendra compte bien assez vite, les dérives de l'Europe : encore plus de libéralisme, encore plus de libre-échange, encore moins de liberté pour les pays membres.
Mais pour tenir, le sarkozysme n'agit pas seul.
Il se fonde sur un astucieux montage en triangle : la première extrémité est constituée du pouvoir, qui fixe l'agenda et la stratégie, la deuxième des médias, qui relaient complaisamment
la communication gouvernementale et organisent les conditions d'un débat biaisé, la troisième des sondages qui structurent le débat et viennent à la rescousse du pouvoir quand celui-ci est
menacé. Le rapport de la Cour des comptes de juillet dernier avait très bien mis au jour ce petit manège, en dévoilant les pratiques scandaleuses du triangle Elysée/Le Figaro/Opinionway.
C'est en expliquant les tenants et les aboutissants de ce système très bien rôdé qu'on agira vraiment efficacement, et durablement, contre le sarkozysme. On ne tuera vraiment la
bête que lorsqu'elle sera transparente pour tout le monde, et qu'il ne lui sera donc plus possible de tromper.
Alors seulement les conditions d'un vrai débat, prélude à une vraie alternative politique, seront réunies. Alors seulement la démocratie pourra jouer son rôle et mener la France et les
Français vers un destin qu'ils auront réellement choisi.
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