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PS UMP Modem, ils ont fait voter la Constitution européenne contre le peuple !

retour sur une belle mobilisation tous azimuts

Samedi 12 avril 2008




L'heure serait donc aux économies.
A quelques mois de la présidence française de l'Union européenne, sous la pression de Bruxelles, Nicolas Sarkozy et son gouvernement se sont lancés dans un processus de coupes dans les dépenses publiques, notamment via la RGPP (déjà rebaptisée "restriction générale des politiques publiques").

Mais toutes les dépenses sont-elles traitées de la même manière ?...

Assurément non. Il est des dépenses dans lesquelles il est permis de trancher, toujours les mêmes : les dépenses de service public de l'Etat. Education nationale, armée, sécurité publique, hôpital, logement social, tout y passe. Partout restrictions, taille à la hâche dans les effectifs, dégradation du service rendu aux usagers, régression des droits sociaux, jusqu'à cette malheureuse carte "famille nombreuse" de la SNCF, un temps menacée pour économiser...70 millions d'euros...

En revanche, il est des dépenses qu'il ne faut pas toucher, auxquelles il n'est même pas permis de penser. Des dépenses qui pourtant assurent une grande part de nos déficits, et dont l'utilité est largement à démontrer.

Nous visons ici deux types de dépenses : celles induites par les décentralisations successives, et la montée en puissance de l'intercommunalité. Nous l'avons déjà analysé : ce processus a tout complexifié, sans réel succès, mais au profit des baronnies locales, du clientélisme et par conséquent des dépenses inutiles.

Mais nous pensons aussi à un type de dépenses dont on ne parle jamais, à des dépenses taboues par excellence : les 3 milliards d'euros (!) que chaque année la France perd au profit du budget de l'Union européenne. Explications : chaque année la France reçoit de Bruxelles 15 milliards d'euros (politique agricole, et quelques restes de la politique d'aide au développement régional, en passe de disparaître au profit des nouveaux Etats membres). Mais chaque année, elle verse à Bruxelles 18 milliards d'euros, qui représentent sa contribution au budget européen. Résultat : un déficit net de 3 milliards d'euros par an (la moitié du déficit de l'Etat, 10 fois plus que ce que rapporteront les suppressions de postes de profs ou de gendarmes), de surcroît en constante augmentation du fait des élargissements successifs. Dans quelques années, ce seront près de 5 milliards d'euros qui manqueront dans les caisses, par an.

Certains nous diront qu'il s'agit de financer la "solidarité européenne", et que c'est bien le minimum que la France puisse mettre alors que l'Union s'est élargie à l'Est, vers des pays moins développés, et qu'elle vient encore d'accueillir la Roumanie et la Bulgarie, particulièrement pauvres.
Nous refusons cet argument. Il était admissible quand la différence entre pertes et gains demeurait raisonnable, mais les sommes aujourd'hui en jeu nous obligent à y réfléchir un peu plus. D'abord parce qu'on ne sait pas où cela s'arrêtera. Combien perdrons-nous chaque année lorsque l'UE se sera élargie à l'Ukraine, aux Balkans ou même à la Turquie (parce que le processus, ne nous y trompons pas, n'a pas été une seconde ralenti par l'élection de Nicolas Sarkozy) ? Devrons-nous chaque année accepter de perdre 6 puis 8 puis 10 milliards d'euros ?
N'est-ce pas un peu fort de café quand dans le même temps les nouveaux Etats membres font jouer à fond le dumping fiscal et social, réduisant à presque 0 leur taux d'impôt sur les sociétés et les droits sociaux pour attirer nos entreprises et accélérer encore le processus de délocalisation ? Devons-nous accepter d'être les éternels dindons de la farce, condamnés à la double peine : la participation au budget et la concurrence déloyale ?
Par ailleurs, la situation sociale et économique de notre pays ne nous oblige-t-elle pas à tenter de résoudre nos problèmes, de relancer notre économie et notre emploi ? La solidarité nationale est-elle un gros mot ? Peut-on laisser sur le bord du chemin ces millions de Français plongés dans la précarité, ce million d'enfants qui vivent sous le seuil de pauvreté ?

Au lieu de couper dans le logement social, de multiplier les déremboursements de médicaments, de revenir progressivement sur les avancées sociales de l'après-guerre, nos gouvernements feraient mieux de dire la vérité aux Français sur le coût de l'Europe. Nos médias feraient mieux de cesser de leur mentir en mettant toujours en avant les réalisations de l'Europe dans nos territoires ("financées par Bruxelles"...), sans jamais expliquer d'où vient cet argent, et que chaque année nous donnons bien plus que nous ne recevons.

Mais est-il possible de tenir ce discours aujourd'hui en France ? UMP PS et Modem sont-ils prêts à débattre de l'Europe ? Acceptent-ils seulement l'idée même d'un débat à ce sujet ? Manifestement non, en témoigne encore récemment leur passage en force sur la Constitution Giscard, dans le dos du peuple normalement souverain.

Ne tombons pas dans les pièges du Système. Il y a économies et économies. Les plus importantes ne sont peut-être pas là où on nous le dit.

par Le Vrai Débat publié dans : Europe
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Mercredi 9 avril 2008

 



Décidément, la RGPP (révision générale des politiques publiques), lancée par Nicolas Sarkozy pour répondre aux exigences de Bruxelles, n'en finit pas de causer des ravages.

Après l'éducation nationale et ses 11 200 suppressions de postes, la police et la gendarmerie (9500), la carte famille nombreuse SNCF mise au régime minceur, c'est au tour de l'armée d'être saccagée.
Le ministre de la défense, Hervé Morin, vient en effet d'annoncer la suppression de 6000 emplois civils et militaires par an, pendant 6 à 7 ans !

Dans le même temps, une trentaine de garnisons, ainsi qu'une dizaine de régiments, devraient disparaître.

La défense nationale passera donc elle aussi sous les fourches caudines de la RGPP, elle qui chaque jour nous réserve son lot de (mauvaises) surprises.

Gageons cependant que la RGPP n'explique pas tout dans le cas présent. L'annonce d'une réduction significative de nos capacités de défense vient en effet précisément au moment où le président de la République impulse un virage atlantiste sans précédent.

Renonçant à son indépendance au sein du commandement intégré de l'OTAN, systématiquement alignée sur Washington, la France en réalité ne ressentira plus la nécessité de se donner les moyens de ses ambitions, les moyens de son indépendance, gage de liberté de parole et d'action.

Réduisant son armée à peau de chagrin, sabrant dans la dissuasion nucléaire (baisse d'un tiers de son budget récemment annoncée), la France sarko-kouchnériste peut se fondre tranquillement dans le magma atlantiste, qui promettra de veiller à sa sécurité, en échange de sa liberté.

A l'heure de la montée des menaces internationales, la 5ème puissance mondiale doit-elle se priver de son armée et de son indépendance stratégique ?

par Le Vrai Débat publié dans : France dans le monde
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Lundi 7 avril 2008

 



Après décembre dernier, la seconde vague de la RGPP (révision générale des politiques publiques) s'est donc abattue ce mois-ci avec son lot de 166 mesures, avant une troisième en juin prochain.

Aucun département ministériel n'est épargné par cette opération de saccage du service public de l'Etat : Education Nationale (12 000 suppressions d'emplois), justice, formation, logement social, etc.

Passée plus inaperçue, la réforme de la sécurité en dit pourtant beaucoup sur l'esprit de la RGPP.

Dans les textes et le dossier de presse en lecture ICI, quelques mots clés semblent résumer la réforme : "mutualisation", "recentrage", "redéploiement", "retour aux fondamentaux", etc.

Dans les faits, derrière ces signaux lancés à l'opinion, une réalité, et une seule : la suppression annoncée de 9 500 postes dans la sécurité en 3 ans (6000 dans la police et 3500 dans la gendarmerie), révélée par le journal Le Monde du 3 avril dernier.

La RGPP fonctionne ainsi : dans les textes, des principes, des formules, des slogans, sans jamais qu'on en tire explicitement les conséquences en terme de suppressions d'emplois. Les exemples de la sécurité et de l'éducation nationale sont à ce titre très frappants.

Il faut donc savoir décrypter cette réforme, travail que ne veulent pas faire les médias, et comprendre que derrière ces annonces, sciemment nombreuses pour noyer le citoyen sous l'accessoire, il n'y a bien qu'un seul objectif : la réduction du nombre de fonctionnaires de l'Etat, au détriment du service public, et dans le but de répondre aux exigences de Bruxelles à quelques mois de la présidence française de l'Union européenne.

Pendant ce temps, les vraies réformes nécessaires, touchant notamment à la décentralisation devenue incompréhensible, inefficace et hors de prix, ne sont pas abordées.

Résultat, les services publics qui trinquent, et notamment la sécurité, alors que la délinquance constitue un réel problème, que les violences aux personnes sont en hausse, que les bagarres entre bandes rivales se multiplient, dans l'indifférence quasi générale des médias, eux qui ont décidé depuis 2002 qu'il n'y avait plus de problème d'insécurité en France.

Nicolas Sarkozy s'est présenté comme le candidat de l'ordre retrouvé. Derrière le discours, une réalité : la suppression de milliers de postes de gendarmes et de policiers, 2 ans seulement après les émeutes généralisées, et quelques mois après Villiers-le-Bel qui avait mobilisé 1100 agents pour l'arrestation d'une quinzaine de caïds...

Est-ce bien raisonnable ?

 

par Le Vrai Débat publié dans : Réforme/affaiblissement de l'Etat
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