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PS UMP Modem, ils ont fait voter la Constitution européenne contre le peuple !

retour sur une belle mobilisation tous azimuts

Samedi 29 mars 2008




En déclarant cette semaine à Londres que le Royaume-Uni était "devenu pour nous un modèle, une référence", Nicolas Sarkozy a franchi un nouveau pas vers l'alignement total sur le monde anglo-saxon.

La France a-t-elle en effet encore une voix dans le monde ? Non, plus aucune. Assez paradoxalement, plus le président de la République annonce que la France est "de retour" en Europe et dans le monde, plus on a le sentiment qu'elle cesse de porter un autre message, une autre vision du monde, plus elle s'éteint par effet d'alignement.

Quel intérêt en effet d'écouter la France quand celle-ci se contente de répéter ce qui s'est déjà dit à Washington ou à Londres ?

On l'a vu sur le Kosovo, dont Nicolas Sarkozy s'est empressé de reconnaître l'indépendance, au mépris du droit international et sous l'évidente pression des Etats-Unis.

On le voit ces jours-ci sur l'Afghanistan et l'OTAN. C'est en dehors même de nos frontières que le chef de l'Etat a annoncé le renforcement de notre contingent armé sur place, afin de répondre aux sollicitations de l'OTAN et de Washington. Déjà, on nous promet une réintégration complète de l'OTAN.

On pourrait comme cela multiplier les exemples.

Nous l'avions dit et redit pendant la campagne : Nicolas Sarkozy est fasciné par le modèle anglo-saxon, y compris dans sa dimension extérieure. Il est furieusement atlantiste. En 2003, il n'avait que du bout des lèvres approuvé la position française sur l'Irak, refusant en réalité d'exprimer sa véritable opinion au regard des sondages, tous unanimes pour montrer l'adhésion du peuple au choix de Jacques Chirac de dire NON.

En visite à New-York le 11 septembre 2006, il avait confirmé sa fascination pour les Etats-Unis, dans un discours affligeant, mélant dénonciation de la prétendue "arrogance française" sur l'Irak à l'apologie de l'American Way of Life, des jean's levis et des hamburgers...

Ce n'est pas par hasard si c'est Bernard Kouchner, parfait atlantiste lui-aussi, qui a été choisi à la tête du ministère des affaires étrangères, dont Nicolas Sarkozy avait annoncé peu après son élection qu'il faudrait le purger de ses éléments les plus pro-arabes.

A la suite du trouble créé par ce discours dans l'opinion, et sous les bons conseils d'Henri Guaino, Nicolas Sarkozy avait masqué pendant la campagne présidentielle son hyper-atlantisme. Comme sur beaucoup d'autres sujets, il l'avait joué national, bleu blanc rouge, pour mieux enfumer les électeurs.

La réalité revient aujourd'hui au galop. Et la France se retrouve sans politique étrangère, réduite à se faire l'écho des positions anglo-saxonnes.

Nous l'avons déjà écrit, et cela se confirme : la politique étrangère est l'un des deux seuls domaines dans lequel il y ait réellement eu rupture, pour notre plus grand malheur.  L'autre concerne le style présidentiel, la manière dêtre du chef de l'Etat. Mais encore paraît-il qu'à ce sujet Nicolas Sarkozy ait "changé", qu'il serait en train de se "présidentialiser"...Il est vrai qu'il a réussi l'exploit de ne pas se montrer trop grossier en voyage officiel à Londres, et de laisser la Reine tranquille...on peut le féliciter...

par Le Vrai Débat publié dans : France dans le monde
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Mercredi 26 mars 2008



Pour faire suite à notre précédent article sur la dramatique RGPP, quelques réflexions et pistes d'action.

Le journal Les Echos de ce matin nous le rappelle : les dépenses des collectivités locales - communes, intercommunalités, départements et régions - ne cessent de croître, s'établissant à 210 milliards d'euros l'an dernier, en hausse de 6,9% en un an !

Plutôt que de s'acharner sur les services publics d'Etat, plutôt que de fermer des bureaux de poste, des collèges, des lignes de chemin de fer et des hôpitaux, il serait sans doute plus intelligent de partir de ce constat et de trouver des solutions.

Et nous arrivons vite au coeur du problème : les décentralisations successives depuis 1982. Ces décentralisations, et tout particulièrement celle de 2004, ont créé une situation extrêmement complexe, où plus personne ne s'y retrouve, à commencer par le citoyen perdu dans la jungle des compétences partagées entre collectivités et Etat.

On ne compte plus aujourd'hui le nombre d'organismes coprésidés par tel élu local et le Préfet, le nombre de domaines (tel la sécurité incendie ou les routes) où une partie du travail est effectué par l'Etat, l'autre par le département ou la région.

A cet imbroglio est venu s'ajouter le mouvement d'intercommunalité, qui se traduit par la superposition de structures administratives doublons aux échelons municipaux. Un rapport de la Cour des comptes de 2005 estimait ainsi à 200 000 le nombre d'emplois doublons engendrés par l'intercommunalité.

Les décentralisations ont donc compliqué à l'extrême les politiques publiques, désorienté l'usager et affaibli l'Etat dans sa dimension stratégique, alors que dans le même temps naissaient des seigneureries locales et s'accroissaient les inégalités économiques et sociales entre les territoires.

Pire, une concurrence malsaine s'est peu à peu développée entre les grosses collectivités locales (notamment les régions) et l'Etat, alors qu'on pourrait attendre de nos élus et de nos fonctionnaires qu'ils travaillent ensemble, dans le même sens, mûs uniquement par l'intérêt général et le souci de bien faire.

Il ne faut donc pas s'étonner du chiffre que nous donne Les Echos : +6,9% en un an. Dans un univers flou, complexe et mouvant, chaque acteur peut bénéficier de zones d'incertitude pour avancer, dépenser toujours plus, embaucher à tout-va, et pratiquer au passage le clientélisme qui aidera à la réelection...

Voilà le vrai sujet. Plutôt que d'affaiblir encore un peu plus l'Etat alors que la mondialisation nécessite des Etats forts pour pouvoir lui faire contrepoids, le gouvernement ferait bien de se pencher sur la décentralisation.

On pourrait espérer une clarification des compétences, qui se traduirait certainement par la recentralisation d'une partie d'entre elles (notamment la politique sociale aujourd'hui dévolue aux départements), quand l'égalité entre les territoires le demande ou qu'une politique stratégique de la Nation l'exige.

Peut-être faudrait-il aussi supprimer un niveau de collectivité. A ce sujet, l'échelon régional mérite qu'on s'interroge sur sa pertinence. Trop petit pour avoir un poids quelconque et porter une politique stratégique, trop grand pour être proche du citoyen et constituer un échelon de proximité, il n'est peut-être pas nécessaire. Il serait parfaitement envisageable de supprimer la région, afin de redonner à l'Etat le stratégique, et aux départements ou aux communes la proximité. Au passage, la disparition de la région affaiblirait les baronnies locales, sources de gabegie (il suffit de regarder les hôtels que se construisent les conseils régionaux, toujours somptueux et très coûteux), de clientélisme, ou même de corruption.

En parallèle, ce Grenelle de la décentralisation mettrait sur la table l'intercommunalité. Là où des syndicats intercommunaux existent encore, alors qu'une intercommunalité a absorbé leurs compétences, l'Etat doit imposer leur dissolution, et non se contenter d'attendre que les communes le fassent selon leur bon vouloir.

Alors, bien sûr, cette remise à plat de la décentralisation n'est envisageable que si le climat idéologique évolue à la tête du pays. A l'heure actuelle, sans trop savoir pourquoi finalement, il est de bon ton en haut lieu de toujours prendre à l'Etat pour donner à l'Europe ou aux collectivités, sans s'interroger sur les conséquences d'une telle politique en termes de dépenses publiques, de démocratie, et d'égalité entre les citoyens.

Quels résultats a donc produit ce dogmatisme partagé par l'UMP et le PS depuis 25 ans ? Pas grand chose de bon à notre avis.

Tirons-en les conséquences et retrouvons un peu de bon sens.

par Le Vrai Débat publié dans : Réforme/affaiblissement de l'Etat
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Dimanche 23 mars 2008



RGPP, pour "révision générale des politiques publiques", processus lancé par Nicolas Sarkozy en juillet 2007, qui mobilise depuis l'ensemble des cabinets ministériels, dans l'ombre d'un débat inexistant.

Sous cet acronyme technocrate, se cache la plus importante opération de destruction du service public jamais opérée en France depuis des décennies.

Il s'agit en effet de redessiner l'organisation de l'administration de l'Etat, dans le seul et unique but de permettre le non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Les justifications avancées sont souvent différentes, s'attachant à l'intérêt général, mais la réalité est bien sûr autre : seules les considérations financières servent de critères à la mise en place de cette RGPP.

Quelques exemples très concrets vous permettront d'apprécier la portée de cette entreprise de destruction. Il s'agit par exemple de revoir totalement l'administration de l'Etat dans les territoires, en fermant bon nombre de sous-préfectures, et en réduisant à peau de chagrin les administrations au niveau du département, telles la DDASS, ou la DDE par exemple. Résultat, une perte de proximité, de capacité d'accueil du public, et des territoires ruraux plus encore désertifiés.

Concernant les services de soins, la fermeture de la plupart des hôpitaux de proximité, dans nos petites villes, est également programmée.

Même chose pour les petits collèges, la moitié des bureaux de poste, les lignes de chemin de fer "les moins rentables", les 2/3 des casernes militaires sur le territoire, et la plupart de nos consulats en Europe (et tant pis pour les centaines de milliers de Français de l'étranger).

Voilà ce qui aujourd'hui est prévu dans le cadre de la RGPP.

La machine avance, inexorablement. Ce travail de sape du service public avait déjà été largement entamé sous les gouvernements PS et UMP précédents, mais il connaît cette-fois ci une accélération inconnue jusque là.

Il s'agit à n'en pas douter de programmer la suppression de nombre de postes d'agents de service public, pour complaire à Bruxelles quelques mois avant la présidence française de l'Union européenne.

Dommage pour le service public, dommage pour nos territoires de campagne, dommage pour les usagers. Pire, il n'est pas certain du tout que cette réforme entraînera la moindre économie pour les finances du pays, dans la mesure où les collectivités territoriales et les intercommunalités continuent elles de multiplier les dépenses, d'embaucher à tour de bras, profitant de la confusion incroyable engendrée par les catastrophiques lois de décentralisation Raffarin.

R G P P, n'oubliez pas ces 4 lettres, elles devraient faire des ravages, si aucune mobilisation ne s'organise.

par Le Vrai Débat publié dans : Réforme/affaiblissement de l'Etat
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