Premières élections du quinquennat Sarkozy, et des enseignements très clairs :
* Pour l'UMP, le gouvernement et le président de la République, les résultats de la semaine dernière et d'hier sonnent comme un terrible désaveu. La sanction est massive,
immense, bien plus forte qu'aucun analyste n'aurait pu l'imaginer seulement 10 mois après l'élection de Nicolas Sarkozy.
Ce n'est pas simplement le style du chef de l'Etat qui est rejeté, mais aussi et surtout sa politique, ces réformes qui s'inscrivent dans la continuité des précédents gouvernements de gauche et
de droite, sans plus de résultats, alors qu'on nous avait annoncé la rupture. Signe qui ne trompe pas, le désamour des catégories populaires, qui avaient accordé leur confiance à
Nicolas Sarkozy, mais qui se rendent compte 10 mois après qu'il les avait enfumés.
Il faudra donc que le pouvoir en place rectifie largement le tir, qu'il se souvienne de ses promesses de campagne, déjà largement
trahies. On ne se fait cependant pas beaucoup d'espoir. Sur tous les plateaux hier soir, on nous annonçait déjà la couleur : pas de changement de cap, mais au contraire une accélération pour
foncer encore plus vite dans le mur ! Une large opération de police était d'ailleurs organisée ce matin en banlieue parisienne pour tenter de distraire les médias. La ficelle est un peu
grosse...
* Mécaniquement, le PS indéniablement remporte ces élections. Parti de notables, très bien implanté sur le terrain, le parti socialiste ne pouvait que récupérer la mise dans le
contexte de ces élections locales.
Mais qu'il ne se réjouisse pas trop vite. D'abord parce que l'abstention a battu un nouveau record lors des élections municipales et cantonales, en affichant le
taux le plus élevé de toute l'histoire de la Vème République. Signe d'un désaveu du système politique dans son ensemble. Ensuite, parce le bon maintien du PCF et la poussée de la gauche
de transformation autour de la LCR, qui réalise des percées à 5, 10 voire 15% des voix, est un signal très clair. Beaucoup d'électeurs de gauche sont déroutés par un parti socialiste qui ne se
différencie plus qu'à la marge de l'UMP. Nous avons fait depuis longtemps de constat, rappelé avec force à l'occasion de ces élections dans les urnes.
* Le Modem n'a pas réussi son pari. Les votes contestataires que François Bayrou était parvenu à capter lors de la présidentielle se sont envolés, chacun ayant fini par
comprendre que le Modem se situait bien à l'intérieur du Système.
Le Mouvement démocrate reste cependant très utile à la démocratie, en jouant le rôle de révélateur des vrais clivages. En d'autres termes, nous avons besoin du Modem, non pas
pour ses propositions éculées et sans intérêt, mais pour le travail qu'il fait en expliquant que PS, UMP et lui-même sont parfaitement capables de travailler ensemble, du fait qu'ils
appartiennent en réalité au même camp.
Mieux que l'expliquer, le Modem le démontre et l'a de nouveau démontré entre les deux tours des élections municipales, en fusionnant tantôt avec l'UMP, tantôt avec le PS. Comment mieux
prouver qu'aucun fossé ne sépare deux partis capables de fusionner avec le même troisième ? Le Modem est aussi efficace que la politique d'"ouverture" pour faire éclater au grand jour la réalité
des clivages dans notre pays.
Ce n'est qu'en ayant pris conscience que PS UMP et Modem sont du même bord que les électeurs pourront se libérer totalement de ces fausses alternances et aller voir ailleurs, vers des programmes
réellement alternatifs.
* Le Front national enfin ne s'est pas totalement remis du choc des dernières législatives. Il enregistre cependant un redressement assez net, qu'on constate en analysant les
résultats de ses 1050 candidats aux élections cantonales. Il réalise en effet à l'occasion de ces élections cantonales un score moyen supérieur à 8%, soit davantage que le Modem. Marine
Le Pen semble avoir définitivement pris l'avantage dans le parti en réalisant un score de 29% à Hénin-Beaumont.
D'autres analyses suivront.
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