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BBB Le Vrai Débat classé 7ème blog politique qui gagne le plus en influence. Merci à vous tous.

 

 

Allons au fond des choses de ce que révèlent les affaires qui se multiplient, en commençant par la saga Woerth/Sarkozy/Bettencourt.


La justice enquête, les perquisitions se multiplient, les témoins avancent, puis se rétractent partiellement, etc.

Il y aurait beaucoup à dire de ce côté-là, notamment sur la faible indépendance de nos juges et l'implication forte du pouvoir politique là-aussi, mais ce n'est pas ce sujet qui nous intéresse aujourd'hui. 

Il nous semble que l'heure est venue d'être radical. En effet, des affaires en cours, ne retenons qu'une seule chose : l'effondrement total de la morale publique. La caste au pouvoir, parce qu'on ne peut plus la nommer autrement, est certainement plus encore corrompue, au moins moralement, qu'on ne l'imagine dans nos pires cauchemars.

Pourquoi se permet-on un jugement si sévère ? Parce que les hommes qui incarnent le pouvoir sont de tout temps les hommes d'un système. Ils représentent certes des personnalités individuelles plus ou moins douées, plus ou moins honnêtes et désintéressées, mais ils sont d'abord et avant tout intégrés dans une mécanique qui les dépasse, une philosophie au pouvoir qu'ils ont accepté d'endosser.

 

Or le système en place depuis quelques décennies maintenant est un système vicié par essence. Il ne vise pas le bien-être de la France et des Français, comme on attend légitimement qu'il le fasse, mais la satisfaction personnelle de ceux qui en font partie, au service d'une idéologie dans laquelle le peuple et la nation n'existent plus. Il n'y a plus de peuple dans ce système, mais le "populisme", accusation lancée avec rage à la figure de quiconque ose chatouiller la France d'en haut. Il n'y a plus de nation, mais un idéal de dépassement européen et global des "égoïsmes nationaux".

 

Il suffit pour se convaincre de l'état de délabrement moral du système de faire deux choses : d'abord se tourner vers le passé, et la multitude d'affaires qui ont déjà émaillé la vie des gouvernements successifs, de gauche comme de droite. N'oublions pas au passage qu'il ne s'agit que des affaires "révélées", qui représentent certainement moins que la face émergée de l'iceberg.
Ensuite, et c'est plus révélateur encore, il faut regarder la stratégie de défense du pouvoir mis en accusation. Le geste noble et démocratique de démission a disparu, sauf lorsqu'il s'agit de tenter de lancer des écrans de fumée (Blanc et Joyandet). L'arrogance, la violence et le chantage l'ont remplacée, signe du délittement moral absolu que nous évoquions. L'accusé aujourd'hui, c'est Mediapart, le site qui a révélé l'affaire Bettencourt. Ceux qui ne se contentent pas de la défense lénifiante d'Eric Woerth, qui nous somme chaque jour de croire en son honnêteté congénitale, sont des "fascistes", qui n'hésitent pas à pratiquer une "chasse à l'homme", à "jeter l'honneur d'un homme au chien", avec en filigrane, comme toujours, l'épouvantable chantage au suicide. Attention, souvenez-vous de Salengro nous dit-on...Pitoyable ! A quand la fausse tentative de suicide d'Eric Woerth pour museler une bonne fois pour toutes les empêcheurs de profiter du système en rond ?

C'est donc bien l'âme d'un système qu'il faut juger à travers ces affaires.

Celle-ci est profondément viciée, vermoulue, corrompue. Au moins intuitivement, la plupart des Français l'ont compris depuis longtemps, se sentant cependant piégés, incapables pour l'heure de trouver un échappatoire, de fuir l'éternelle alternance, qui n'en est pas une, entre les deux faces principales de ce système, l'UMP et le PS.

 

On nous accusera de reprendre à notre compte le fameux "Tous pourris". Peut-être. Mais ce n'est pas exactement ce que nous disons. Ce que nous disons sans détour, oui, c'est que le système en place est pourri, et même complètement pourri.

Parce que nous nous plaçons au niveau de la morale publique, et que nous faisons de la politique et non du droit, nous estimons que cela est suffisant pour discréditer et condamner l'ensemble du personnel politique qui accepte d'y collaborer.

 

 

Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /2010 00:00
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Le meilleur signe de l'effondrement de la morale publique parmi la caste dirigeante est certainement la disparition d'une pratique courante en démocratie  : la démission.

En effet, à l'heure où nous écrivons ces lignes, pas une démission de responsable politique n'a suivi la multiplication effarante des affaires qui touchent des membres du gouvernement et d'institutions proches du pouvoir.

Alors que dans la plupart des pays démocratiques, la brochette de ministres accusés auraient déjà remis leur portefeuille au chef du gouvernement, chez nous ils préfèrent manier le déni, l'arrogance et la victimisation.

 

12 000 euros de cigares au frais de l'Etat ? Pas grave, il suffira de rembourser, comme si le problème que soulève cette affaire se limitait à la somme mise en jeu et ne touchait pas à une question de principe...

 

Des appartements de fonction détournés de leur usage naturel ? Et alors ? Il suffit de nier et le problème disparaît...

 

L'affaire Woerth/Sarkozy/Bettencourt ? Une sombre machination contre le ministre en charge du dossier des retraites, un ministre forcément droit, juste et honnête puisqu'on vous le dit !
Démissionner ? Jamais de la vie !

 

A chaque fois, le mécanisme est le même. On commence par nier, puis si on a la malchance, rare, d'avoir un peu de résistance médiatique en face, on développe une autre défense consistant à se draper dans sa naturelle vertu et à jouer à fond la carte de la victimisation.

Attention nous dit-on ! N'allez pas trop loin, on est en train "de jeter l'honneur d'un homme aux chiens" (Eric Woerth a déjà utilisé l'expression), de le "lyncher en public"...Le chantage implicite au suicide est souvent l'arme ultime dont use la caste lorsque l'accusation s'obstine. Frédéric Mitterrand avait pratiqué strictement la même méthode, avec succès.

D'autant qu'il finit toujours par y avoir quelques bons journalistes pour relayer la ligne de défense ministérielle. Il y a toujours un Alain Duhamel, un Laurent Joffrin ou un François d'Orcival pour s'inquiéter du pauvre responsable politique si durement attaqué...

 

Bref, nous sommes bien loin de la Belgique, de la Suède, de l'Allemagne ou des Etats-Unis, où la démission des dirigeants est chose courante, et pour bien moins. On est aussi très en retrait au regard de notre propre histoire, qui a heureusement offert des exemples de démission.

 

Ne comptons pas d'ailleurs sur le parti socialiste pour exiger avec véhémence des responsables de la majorité un tel comportement. Il fut lui-même confronté à tant d'affaires nauséabondes que dans ce domaine il a la prudence de ne pas tirer le premier...

 

Bref, il y a bien quelque chose de plus en plus pourri au Royaume de l'indécence et de l'immoralité sarkozyste. Non seulement on vole le peuple, mais en plus on lui crache à la figure quand il a l'outrecuidance de s'en rendre compte. Voilà qui mériterait un bon coup de pied dans le tas !

Dimanche 27 juin 2010 7 27 /06 /2010 02:00
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Jamais l'Europe n'avait traversé dans la période récente une crise d'une telle ampleur. Jamais les certitudes d'hier, les constructions qu'on croyait solides comme la pierre, n'avaient à ce point été remises en cause : la monnaie unique qui vacille, le libéralisme questionné, le libre-échange montré du doigt, etc.

 

Tout s'agite, tout bouge, tout change...Sauf dans les médias français ! On ne peut que regretter en effet la très grande faiblesse du débat dans nos médias.

A quelques rares exceptions près, la plupart des titres de presse, des chaînes de radio et de télévision ne traitent que très superficiellement les événements en cours, au point que l'opinion publique ne peut pas comprendre grand chose si elle ne prend pas la peine, et le temps, de s'informer par elle-même.

On peut faire trois reproches principaux aux médias français :

 

- D'abord, ils ne donnent pas toutes les informations sur la crise actuelle.

Comme souvent malheureusement, il faut se reporter à la presse anglo-saxonne, ou allemande, pour savoir ce qui est en train de se passer. Par exemple, à moins d'être tombé sur le seul article du Monde qui évoquait le sujet, personne ne sait en France que des rumeurs très insistantes évoquent à l'heure actuelle un abandon de l'euro par la Grèce. Le premier ministre grec a même été contraint de publier un communiqué pour démentir l'information. Quant aux investisseurs, ils sont 41% à parier sur ce scénario, d'après un sondage Bloomberg.

Qui le sait ? Qui en France sait autre chose sur la Grèce que le discours 100 fois répété sur les déficits abyssaux de ce pays, et la prétendue irresponsabilité des gouvernements ? Pas grand monde, en tout cas pas la masse de la population. Et pour cause...

 

- Ensuite, ils n'organisent pas les débats qu'on pourrait légitimement attendre. Par exemple sur l'euro.

A quand un grand débat sur les avantages et les inconvénients de la monnaie unique, 10 ans après son lancement, et à l'heure où des économistes de très grand renom remettent en cause son utilité ? Pourquoi les chaînes de service public ne prennent-elles pas l'initiative d'un tel débat ? On pense à l'euro, mais on pourrait aussi évoquer les plans d'ajustement du FMI ou le rôle des banques dans la crise. Les gens sont suffisamment intelligents pour comprendre les enjeux de ces débats et on peut parier qu'ils s'y intéresseraient grandement si on prenait la peine de les organiser.

 

- Enfin, on peut une nouvelle fois faire un très grave reproche à la quasi-totalité des médias français : leur manque total d'objectivité, et leur parti-pris idéologique évident dans la crise.

Et cette dernière remarque explique sûrement la précédente : si les médias n'organisent pas les débats essentiels, c'est parce qu'ils ne veulent surtout pas les ouvrir dans l'opinion !

A-t-on déjà entendu un grand éditorialiste critiquer la monnaie européenne ? Non. A-t-on même déjà entendu une analyse de la crise qui mette en cause le rôle qu'y joue l'euro et la politique de la Banque centrale de Francfort ? Même pas, ou très à la marge. La plupart du temps, on se contente de répéter que la crise trouve sa source dans le comportement irresponsable de gouvernements "drogués à la dette et aux déficits"...Et pourtant, dans la presse étrangère, on lit d'autres analyses, plus profondes, plus fouillées, plus complètes, plus objectives.

 

Bref, une nouvelle fois, les médias français sont assez largement en dessous de tout ! Refusant d'analyser lucidement la crise qui secoue la zone euro, ils sous-informent, et désinforment. Internet n'en devient que plus nécessaire encore !

Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /2010 22:00
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