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Le Vrai Débat classé 7ème blog politique qui gagne le plus en influence. Merci à vous
tous.
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Frits Bolkestein, de retour...
La libéralisation des services a finalement été votée par le conseil des ministres hier, jour anniversaire de la victoire du NON à la Constitution en France...
Même si la victoire du NON a permis l'amendement de cette directive, et la suppression du principe d'origine, celle-ci reste à l'évidence très éloignée des aspirations des peuples d'Europe.
Voilà une preuve supplémentaire que nos dirigeants peinent à entendre les messages que nous leur envoyons bruyamment de plus en plus souvent.
Nous attendons une voix alternative sur ce sujet, une voix courageuse qui osera enfin remettre en cause les dogmes libéraux qui imprègnent la construction européenne depuis une quinzaine d'années. Cette voix, ni Ségo ni Sarko, pour l'heure, ne la font entendre...
Pour éviter un nouveau chaos électoral en 2007, il est plus que temps de proposer de vrais choix aux Français.
L'ironie du sort a fait coïncider cette réunion des ministres européens avec le premier anniversaire du "non" français à la Constitution européenne, où la directive Bolkestein a joué un rôle majeur en attisant la peur des hordes de plombiers polonais envahissant la France.
"Nous montrons aux citoyens que nous sommes capables de prendre des décisions qui contribueront à la croissance et à l'emploi", a déclaré Martin Bartestein, ministre de l'économie autrichien, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE. L'accord devrait créer "des centaines de milliers d'emplois", a-t-il estimé.
ABSTENTION LITUANIENNE
La Lituanie a été le seul pays à ne pas approuver l'accord, tandis que les 24 autres exprimaient leur soutien, mais sans procéder à un vote formel.
"La porte est ouverte à davantage de croissance et de concurrence dans le secteur des services. L'UE a montré sa capacité d'agir dans le dossier le plus difficile des dernières années", s'est réjoui le secrétaire d'Etat allemand Joachim Würmeling.
La nouvelle réglementation facilitera, en supprimant certaines des restrictions actuelles, la fourniture, dans l'ensemble du bloc, de services allant de la restauration à la plomberie, en passant par l'informatique.
La France, parmi les pays les plus réticents envers le projet initial de directive Bolkestein, s'est ralliée au texte amendé après avoir obtenu qu'il soit introduit sur trois ans, au lieu des deux ans habituels pour une directive de l'UE. En échange, elle a accepté que le texte s'applique à certains services juridiques. Catherine Colonna, ministre française déléguée aux affaires européennes, a assuré que les travailleurs et les consommateurs seraient protégés.
Le texte doit maintenant être soumis, d'ici à décembre, en dernière lecture, au Parlement européen. M. Würmeling a dit s'attendre à ce qu'il soit adopté. Le Parlement européen, qui codécide avec les ministres dans ce dossier, a sonné le glas d'une ouverture radicale des services à la concurrence, en février 2006, lors d'un vote de compromis regroupant la droite et la gauche, au grand dam du patronat et des pays libéraux, qui y voyaient une chance de dynamiser leur compétitivité.
Le point le plus critique des discussions de lundi a touché les modalités de l'évaluation (ou "screening") des législations nationales. Cette méthode proposée par l'Autriche consisterait pour les Etats membres à passer en revue leurs lois nationales et à notifier à la Commission, en les justifiant, les textes opposant des obstacles aux prestations transfrontalières de services. Cette transparence accrue viendrait en quelque sorte "en compensation" du principe du pays d'origine, violemment contesté par certains et éliminé en février par les eurodéputés.
Le principe du pays d'origine, élément-clé du projet initial présenté début 2004 par l'ancien commissaire européen Frits Bolkestein, était défendu avec force par les nouveaux membres d'Europe centrale, qui dénoncent le manque d'ouverture des anciens pays de l'UE à leurs prestataires de services. Il prévoyait qu'un prestataire travaillant dans un autre pays de l'UE resterait soumis aux règles de son pays d'origine, sauf dans diverses matières sensibles comme le droit social. De nombreuses délégations ont déploré que la présidence affaiblisse, dans son compromis, la substance de l'évaluation des législations nationales, en utilisant des termes "plus mous" et "moins juridiques".
L'Allemagne, déterminée à trouver un accord et lassée des querelles sémantiques, a alors tapé du poing sur la table et remis les récalcitrants à leur place. "Cette proposition de 'screening' répond à vos exigences, a-t-elle lancé. Que voulez-vous encore exiger de plus ?" Les Vingt-Cinq se sont finalement entendus sur un consensus quasi unanime.

En cette veille de premier anniversaire de la très belle victoire du NON à la Constitution Giscard, je souhaiterais juste répéter quelques vérités qu'on entend malheureusement trop peu dans les médias...
Un petit texte donc pour contrebalancer (très modestement...) le déluge de désinformations qui nous submerge déjà au sujet du NON, sur son inutilité, l'absence de plan B, l'affaiblissement de la France dont il serait responsable, etc. Pas besoin d'être fastidieux, vous connaissez tout cela par coeur bien sûr...
Faisons donc le point sur le NON :
* grâce au NON, et nos médias ont trop tendance à l'oublier..., la Constitution a été boquée, ce qui n'est déjà pas si mal...dois-je rappeler que si le OUI l'avait emporté, il n'y aurait même plus l'ombre d'un débat possible sur l'avenir de l'Europe, sa dérive libérale, etc.
* grâce au NON, la directive Bolkestein, qui prévoyait l'ouverture totale de tous les services à la concurrence avec application du principe d'origine, a été largement amendée. Le principe du pays d'origine a notamment disparu. Même le dirigeant de la Confédération européenne des syndicats vient de reconnaître que c'était grâce au NON français qu'une révision de la directive avait été possible.
* Même chose pour la directive "temps de travail", toujours grâce au NON
* grâce au NON surtout, la parole a été libérée. Il est désormais (presque) possible de critiquer l'Europe libérale telle qu'elle se fait depuis une quinzaine d'années. Il est permis de réfléchir sur les délocalisations, les méfaits de la concurrence libre et non faussée. Le NON a permis une prise de conscience extrêmement salutaire.
* le NON n'a pas affaibli la France, ce sont ses dirigeants incapables d'entendre le message des Français et de porter une autre voix en Europe qui brouillent son message. Beaucoup de peuples européens, trop rarement consultés directement par référendum, ont pu grâce à la France voter par procuration et nous envient nos débats. Il suffit de traverser nos frontières et de discuter pour s'en rendre compte rapidement.
Le NON est donc une chance pour la France et l'Europe. Le problème n'est pas le vote des Français, et des Néerlandais, l'an dernier. Le problème réside dans la surdité de nos dirigeants, incapables de dépasser l'horizon du OUI et de se dépêtrer des présupposés qui imprégnaient la Constitution et son projet de société. Faire voter la Constitution, d'un coup ou par morceaux, par le Congrès comme le proposent conjointement les deux principaux candidats à l'élection présidentielle témoigne de cette surdité.
Il fallait réhabiliter le NON, voilà qui est fait. Le NON est le choix du peuple français, ne laissons pas ses adversaires d'hier le sâlir. En agissant de la sorte, c'est la démocratie et la République toute entière qu'ils insultent.
J.G.

Mots croisés sur France2, lundi dernier, un thème prometteur : "la politique sans le peuple".
Je regarde l'émission, dont le sujet me semble très à propos près d'un an après la victoire du NON, mais quelle ne fut pas ma déception, ou pire mon écoeurement une fois le générique de fin lancé...
Figurez-vous que les 6 invités autour d'Yves Calvi pour débattre de cette question passionnante avaient tous plus ou moins ostensiblement fait campagne pour le OUI l'année dernière : 3 hommes politiques (Manuel Valls, zélé défenseur du OUI après avoir défendu le NON pendant la campagne interne du PS..., Xavier Bertrand, ministre, et une députée UMP que Madelin lui-même trouverait franchement libérale...), assistés de 3 "analystes", sondeur, politologue, journaliste, dont les articles et tribunes publiés pendant la campagne référendaire ne laissent guère de doute sur le bulletin qu'ils glissèrent dans l'urne le 29 mai...
Evidemment, ces 6 ouiouistes passèrent totalement à côté du débat, coupés qu'ils sont des réalités, et des aspirations populaires clairement exprimées tout au long de l'année qui vient de s'écouler.
Quelques fulgurances sont certes à mettre au crédit de quelques uns d'entre eux, pointant soudain du doigt une coupure entre les élites et le peuple, mais celles-ci furent malheureusement systématiquement suivies de propositions d'une banalité tristement habituelle : "faire au gouvernement pareil que dans un conseil municipal, proche des gens" (X.Bertrand), "avancer dans les 'réformes' (libérales bien sûr..., ndlr) que les Français, sans le savoir, réclament" (la députée, appuyée par le sondeur), "laisser tomber les projets, les idéologies, les programmes, faire du concret" (toujours X.Bertrand...), "s'inspirer des formidables années Jospin pendant lesquelles 1 million d'emplois furent créés" (Manuel Valls), etc.
Bref, le vrai débat, c'est le moins que l'on puisse dire, n'a pas eu lieu ce soir-là. Comment décemment traiter un tel sujet sans un seul représentant du NON ? Comment oublier que 55% des Français ont dit NON et oser leur infliger les analyses du camp vaincu ?...
Mais s'il ne s'agissait que d'une seule émission ! passe encore...Le problème est que ces simulacres de débats sont l'apanage de presque tous les rendez-vous médiatiques qui proposent toujours aux mêmes de débattre (ou plutôt de faire semblant de débattre, pour le spectacle) de ces Français décidément incompréhensibles, de ce peuple si tordu !...
Le vrai débat, s'il n'a pas lieu sur les écrans, se tiendra sur la Toile. Nous y prendrons toute notre place.
Alexandre Ticavet
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