Voilà ce qui se passe aujourd'hui lorsqu'un enseignant ayant 30 ans de métier derrière lui gifle un élève de 10 ans turbulent qui l'avait insulté en classe : il est immédiatement mis en garde à vue, dans des conditions qu'on ne réserve pas à un incendiaire de banlieue, et son recteur le suspend...

Cette affaire nous rappelle que Nicolas Sarkozy en campagne avait promis de restaurer l'autorité du professeur. Il avait promis de rétablir l'ordre dans les établissements scolaires, de réintroduire la règle selon laquelle les élèves se lèvent lorsque leur maître pénètre dans la salle de classe. Il avait promis de mettre fin aux dérives du soixanthuitardisme qui ont conduit à faire de l'élève le centre du système, élève devenu enfant roi, intouchable et sacré.
Mais une fois élu, Nicolas Sarkozy n'a rien fait. Pire, il n'a même plus jamais parlé de ces promesses, comme si son discours de campagne, qui avait résonné dans le coeur de nombreux Français, s'était évaporé.
Bien sûr, le problème auquel il prétendait s'attaquer dépasse largement le cadre de l'Education Nationale. Il touche évidemment à la famille, au renoncement de certains parents face à leurs enfants. Il s'agit d'un vrai problème de société.
Il n'en reste pas moins que les hommes politiques ne sont pas impuissants. Nicolas Sarkozy avait bien diagnostiqué le problème pendant la campagne. Il aurait pu, il aurait dû lancer quelques initiatives pour tenter de le résoudre. Au lieu de cela, il semble lui avoir totalement tourné le dos, et sa première mesure pour l'école fut d'accroître le nombre d'heures consacrées au sport...Et puis, plus rien.
N'est-ce pas finalement pour une fois Daniel Cohn-Bendit qui aurait raison, quand il affirme que Nicolas Sarkozy est un pur produit de mai 68 ? En ne faisant rien pour rétablir l'autorité du professeur à l'école, le président semble bien confirmer ce jugement.







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