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le TRAHISONOMETRE 

 

Pression sur les médias

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Mercredi 30 avril 2008

 



Créé en mai 2006, ce blog n'a jamais dévié de son objectif : expliquer en quoi le clivage PS/UMP n'est plus pertinent pour comprendre la société et le monde dans lequel nous vivons, et tenter de montrer à l'aide d'exemples fournis par l'actualité les vrais enjeux de notre époque, qui dessinent un vrai débat entre ceux qui font confiance en la nation et l'Etat, et ceux qui leur préfèrent la mondialisation débridée.

Avec beaucoup d'autres blogs et acteurs de terrain, le travail que nous avons fourni n'aura certes pas permis de faire de l'élection présidentielle un grand moment de démocratie. C'est indéniable. Cette élection restera comme un rendez-vous manqué, qui aura vu le Système imposer un débat virtuel, entre deux candidats finalistes très semblables, forcés d'enfumer les Français pour tenter de rester attractifs. Nous étions loin du débat véritable de 2005, quand tout un pays s'est pris de passion pour la question européenne, au coeur des vrais lignes de partage idéologiques.

Néanmoins, nous avons fait le choix au lendemain des élections de 2007 de continuer.

D'abord parce que vous êtes toujours plus nombreux à nous lire.

Ensuite, parce que nous avons le sentiment que la petite pierre que chaque jour nous apportons à l'oeuvre immense de résistance au Système n'est pas inutile.

Nous sommes en effet convaincus que sur nombre de sujets primordiaux, les esprits ont déjà largement évolué. Le référendum de 2005, et l'analyse que nous faisons avec d'autres des liens très étroits entre ce qui se décide à Bruxelles et ce qui se fait en France depuis 25 ans, a structurellement modifié l'opinion publique sur la question de l'Europe. Encore tout récemment, un sondage de l'Ifop montrait que les Français n'étaient que 52% à considérer le Traité de Lisbonne comme une bonne chose pour la France, chiffre très inférieur au jugement autrefois porté sur les Traités européens, hors campagne, et étonnament faible au regard du tapage médiatique visant à le présenter comme "un succès pour la France, de retour en Europe"...

Nous pourrions faire la même analyse sur l'euro et la politique de la banque centrale européenne, largement discréditée, mais aussi sur la mondialisation libérale et le culte absurde du libre-échange et de la concurrence à tout-va.

Au-delà de ces analyses thématiques, le jugement des Français sur le PS et l'UMP révèle une prise de conscience de plus en plus aigue de la collusion idéologique entre ces deux piliers du Système. Sentiment de collusion renforcé par l'impression largement répandue d'un manque d'objectivité des grands médias, complice du même Système.

Autre signe que les choses avancent : l"ouverture" initiée par Nicolas Sarkozy, qui révèle au grand jour cette collusion idélogique totale entre les deux faces de l'UMPS.

Ces différents sujets sont régulièrement abordés sur le blog. Ils ont ensemble leur cohérence, nous essayons de le démontrer au fil de nos articles.

Alors, bien sûr, pour mener à bien nos démonstrations, nous n'avons pas d'autre choix que de nous appuyer sur les exemples que nous fournissent la vie politique et les décisions de nos dirigeants. Nous devons nécessairement manier la critique pour mieux faire ressortir ce qui ne va pas, montrer en quoi l'idélogie dominante échoue, et prouver que l'inanité du "clivage" UMP/PS se vérifie chaque jour. Certains nous le reprochent, et nous prient d'être moins dans la critique mais davantage dans la proposition.

Pour leur répondre, deux choses.
Tout d'abord, il nous est impossible d'abandonner la critique parce que la tâche que nous nous sommes fixé n'est pas encore remplie, loin s'en faut. Beaucoup d'électeurs sont encore enfumés par le Système et considèrent encore qu'UMP et PS incarnent des camps opposés. Il sont encore plus nombreux à n'avoir pas tous les éléments en main pour percevoir le lien étroit entre la mondialisation débridée, son relais l'Europe de Bruxelles et nos politiques nationales. N'ayant pas en tête cet enchaînement logique, que médias et politiques s'efforcent de leur masquer, ils n'ont pas la clé pour expliquer les fondements du rapprochement idéologique manifeste entre gauche et droite. Ils n'ont pas la clé pour s'échapper du balancier infernal UMP/PS/UMP/PS/UMP...que par ailleurs souvent ils condamnent.

Ensuite, nous affirmons que ce blog contient beaucoup de propositions. Réhabiliter la Nation comme structure la plus performante pour mobiliser les énergies, permettre la solidarité entre ses membres et assurer leur protection, est déjà en soi un programme. Récuser le dogmatisme bruxellois qui interdit les aides d'Etat et fait de la concurrence un horizon indépassable est une manière de promouvoir la politique industrielle et d'innovation qui nous fait tant défaut. Proposer un protectionnisme intelligent ou un contrôle des prix rénové sont des propositions concrètes. Les exemples ne manquent pas dans nos articles.

Il faut ajouter que, bien souvent, ceux qui nous font ce reproche, sont en réalité en total désaccord avec nos thèses, leur préférant le confort douillet du débat virtuel entre PS et UMP, et du balancier éternel entre ces deux partis. Parce que nous refusons d'entrer dans ce petit jeu et de nous déterminer sur le taux idéal de privatisation d'EDF, entre 20 ou 30% (ce à quoi se réduit aujourd'hui le "débat" entre les 2 machines de l'UMPS...), on nous reproche de ne pas être dans la proposition...et bien oui, nous l'assumons, nous refusons cette parodie de débat. Nous nous déterminons sur l'essentiel, et tâchons de ne pas mentir, mais au contraire de contribuer à notre petit niveau à redonner au débat politique sa noblesse.

Encouragés par vos visites, et surtout par vos commentaires, toujours intéressants, qui nous font souvent réfléchir, nous continuerons avec nos petits moyens, et à notre modeste place. Parce que nous croyons que la France a un grand avenir devant elle, et que nous croyons en elle, en ses valeurs, nous nous battrons. Parce qu'enfin nous avons la conviction que tout se joue maintenant, et qu'il serait idiot de tout arrêter à l'heure où les esprits ont déjà largement évolué notamment grâce à Internet, nous redoublerons d'efforts.

 

par Le Vrai Débat publié dans : Opérations
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Dimanche 27 avril 2008




De plus en plus présente sur le fond, mais épisodiquement à la une de l'actualité, la question des sans-papiers mérite d'être abordée avec tout le sérieux nécessaire.

Quand un millier de travailleurs clandestins font grève pour demander leur régularisation, ce n'est pas uniquement sous l'angle émotionnel, compassionnel, qu'il faut réfléchir au problème.

A la vérité, la question des sans-papiers est d'abord économique.

Déjà dans les années 1960 et 1970, le grand patronat français exigeait que la France ouvre les vannes de l'immigration. Le président Pompidou révélera à ce propos que le patronat avait en agissant ainsi une idée bien précise en tête : faire pression à la baisse sur les salaires manuels, et prévenir toute revendication sociale. Le raisonnement en effet est assez simple : placer les travailleurs français en concurrence avec une nouvelle main d'oeuvre importée, habituée à recevoir peu et à demander peu, ne peut que les conduire à revoir à la baisse leurs prétentions, pour espérer conserver leur emploi.

La situation aujourd'hui est globalement la même, mais le mouvement s'est étendu à de nouveaux secteurs : services, informatique, etc.

Les plus enclins à réclamer une immigration massive sont toujours à chercher du côté du grand patronat. Tous les rapports publiés à Bruxelles, largement inspirés de "Business Europe" (le MEDEF européen), préconisent l'entrée en Europe dans les années qui viennent de millions de nouveaux travailleurs immigrés, accompagnés de leur famille. Les rapports hexagonaux du MEDEF vont dans le même sens, sans d'ailleurs tenir compte du fait que notre démographie est moins alarmiste que celle de nos voisins.

La clandestinité est un moyen pour les employeurs de faire plus encore pression sur les conditions salariales. Un travailleur sans-papier sera en effet contraint de tout accepter, comme d'être rémunéré 3,8 € de l'heure, comme l'exemple nous en a été donné dans certains restaurants.

Ne soyons donc pas naïfs. Etudions le problème en connaissance de cause, sans tomber dans le tout-compassionnel vers lequel souvent on nous pousse. Repérons l'hypocrisie là où elle se cache, notamment chez ces patrons qui feignent de découvrir que 10 de leurs employés étaient clandestins...

Sous la pression des associations de sans-papiers, qui mériteraient elles-aussi qu'on s'y intéresse de plus près, le gouvernement va régulariser "au cas par cas", en commençant par les quelques centaines de grévistes. Qu'il prenne garde à ce qu'il fait. Du cas par cas au systématique, il n'y a souvent qu'un pas, que le MEDEF et les autres le pousseront à franchir.

par Le Vrai Débat publié dans : Analyses
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Mercredi 23 avril 2008




Nous aurons largement de quoi revenir sur l'imposante révision de la Constitution qui s'annonce.

Mais un point retient aujourd'hui notre attention : la suppression de l'article 88-5, introduit en 2005, qui rendait obligatoire la consultation des Français par référendum avant tout nouvel élargissement de l'Union européenne.

Un élargissement pourra de nouveau être validé uniquement via consultation du parlement.

Il s'agit d'un recul démocratique et d'une trahison d'une promesse essentielle du président de la République.

Recul démocratique, parce que le champ du référendum régresse à nouveau. Traumatisées par le NON à la Constitution européenne le 29 mai 2005, les élites politiques UMP comme PS ont en réalité décidé, sans le dire, de ne plus jamais consulter directement le peuple sur les questions qui comptent. On l'a vu sur le Traité de Lisbonne, véritable Constitution européenne bis, en février dernier. On le voit cette fois-ci sur les élargissements de l'Europe à de nouveaux Etats membres.

Le peuple est en quelque sorte puni, puni d'avoir "mal voté" en 2005, d'avoir osé dire NON à un projet voulu par toute l'élite politique, économique et médiatique.

Trahison des promesses ensuite, parce qu'on ne peut s'empêcher de penser que l'adhésion de la Turquie se cache derrière cette révision de la Constitution. Nicolas Sarkozy avait promis que la Turquie ne rejoindrait pas l'Union européenne. Il avait déjà commencé à trahir en ne stoppant pas les négociations d'adhésion, alors qu'il en avait la possibilité dès juin 2007, et de nouveau en décembre dernier. Cette fois, les choses sont claires : tout est fait en réalité pour que la Turquie adhère à terme à l'UE, selon le voeu d'ailleurs des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Les Français, dont on connaît l'hostilité à cette perspective, ne pourront pas s'exprimer. Ils devront accepter sans mot dire une décision approuvée par un parlement non représentatif.

La non-représentativité du parlement fera d'ailleurs l'objet d'un prochain article, du fait que le projet de révision constitutionnelle ne prévoit aucune modification des modes d'élection des députés à l'assemblée nationale, contrairement aux promesses de Nicolas Sarkozy...

par Le Vrai Débat publié dans : Analyses
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