
Pour faire suite à notre précédent article sur la dramatique RGPP, quelques
réflexions et pistes d'action.
Le journal Les Echos de ce matin nous le rappelle : les dépenses des collectivités locales - communes, intercommunalités, départements et régions - ne cessent de croître, s'établissant à 210
milliards d'euros l'an dernier, en hausse de 6,9% en un an !
Plutôt que de s'acharner sur les services publics d'Etat, plutôt que de fermer des bureaux de poste, des collèges, des lignes de chemin de fer et des hôpitaux, il serait sans doute plus
intelligent de partir de ce constat et de trouver des solutions.
Et nous arrivons vite au coeur du problème : les décentralisations successives depuis 1982. Ces décentralisations, et tout particulièrement celle de 2004, ont créé une situation
extrêmement complexe, où plus personne ne s'y retrouve, à commencer par le citoyen perdu dans la jungle des compétences partagées entre collectivités et Etat.
On ne compte plus aujourd'hui le nombre d'organismes coprésidés par tel élu local et le Préfet, le nombre de domaines (tel la sécurité incendie ou les routes) où une partie du travail est
effectué par l'Etat, l'autre par le département ou la région.
A cet imbroglio est venu s'ajouter le mouvement d'intercommunalité, qui se traduit par la superposition de structures administratives doublons aux échelons municipaux. Un rapport
de la Cour des comptes de 2005 estimait ainsi à 200 000 le nombre d'emplois doublons engendrés par l'intercommunalité.
Les décentralisations ont donc compliqué à l'extrême les politiques publiques, désorienté l'usager et affaibli l'Etat dans sa dimension stratégique, alors que dans le même temps
naissaient des seigneureries locales et s'accroissaient les inégalités économiques et sociales entre les territoires.
Pire, une concurrence malsaine s'est peu à peu développée entre les grosses collectivités locales (notamment les régions) et l'Etat, alors qu'on pourrait attendre de nos élus et
de nos fonctionnaires qu'ils travaillent ensemble, dans le même sens, mûs uniquement par l'intérêt général et le souci de bien faire.
Il ne faut donc pas s'étonner du chiffre que nous donne Les Echos : +6,9% en un an. Dans un univers flou, complexe et mouvant, chaque acteur peut bénéficier de zones
d'incertitude pour avancer, dépenser toujours plus, embaucher à tout-va, et pratiquer au passage le clientélisme qui aidera à la réelection...
Voilà le vrai sujet. Plutôt que d'affaiblir encore un peu plus l'Etat alors que la mondialisation nécessite des Etats forts pour pouvoir lui faire contrepoids, le gouvernement ferait bien
de se pencher sur la décentralisation.
On pourrait espérer une clarification des compétences, qui se traduirait certainement par la recentralisation d'une partie d'entre elles (notamment la politique sociale
aujourd'hui dévolue aux départements), quand l'égalité entre les territoires le demande ou qu'une politique stratégique de la Nation l'exige.
Peut-être faudrait-il aussi supprimer un niveau de collectivité. A ce sujet, l'échelon régional mérite qu'on s'interroge sur sa pertinence. Trop petit pour avoir un poids
quelconque et porter une politique stratégique, trop grand pour être proche du citoyen et constituer un échelon de proximité, il n'est peut-être pas nécessaire. Il serait parfaitement
envisageable de supprimer la région, afin de redonner à l'Etat le stratégique, et aux départements ou aux communes la proximité. Au passage, la disparition de la région affaiblirait les baronnies
locales, sources de gabegie (il suffit de regarder les hôtels que se construisent les conseils régionaux, toujours somptueux et très coûteux), de clientélisme, ou même de corruption.
En parallèle, ce Grenelle de la décentralisation mettrait sur la table l'intercommunalité. Là où des syndicats intercommunaux existent encore, alors qu'une intercommunalité a
absorbé leurs compétences, l'Etat doit imposer leur dissolution, et non se contenter d'attendre que les communes le fassent selon leur bon vouloir.
Alors, bien sûr, cette remise à plat de la décentralisation n'est envisageable que si le climat idéologique évolue à la tête du pays. A l'heure actuelle, sans trop
savoir pourquoi finalement, il est de bon ton en haut lieu de toujours prendre à l'Etat pour donner à l'Europe ou aux collectivités, sans s'interroger sur les conséquences d'une telle politique
en termes de dépenses publiques, de démocratie, et d'égalité entre les citoyens.
Quels résultats a donc produit ce dogmatisme partagé par l'UMP et le PS depuis 25 ans ? Pas grand chose de bon à notre avis.
Tirons-en les conséquences et retrouvons un peu de bon sens.
Quant aux communes, leurs nombres (34500) doit être diminuer pour éviter des dépenses inutiles Plus de 20000 communes n'ont même pas 2000 habitants ! Les budgets de fonctionnements des communes montrent l'importance du fonctionnement (lié bien sûr à la quantité de personnel communal) qui conduit à un endettement épouvantable aussitôt que l'on veut faire un investissement car la ressource vient alors de l'emprunt obligatoire mais c'est pas grave puisqu'aux prochaines élections les dettes seront pour les successeurs !
Les régions sont enclins à verser dans le travers des départements par clientèlisme, absence de raisonnements économiques dans le choix de leurs actions et de leurs aides, études "bidons" pour justifier de choix d'aides motivé par le copinage et non par des arguments financiers ou techniques ou sociaux (ou les trois réunis)
Aucune sanction contre les élus de ces collectivités (alors que le plus petit fonctionnaire qui se risquerait à une toute petite faute d'obligation de réserve serait licencié probablemnt) dont certains se font nourrir et font nourrir toute leur famille (au sens physique du terme) par le Département ou la Communauté de Communes ou la commune !
Il est à craindre qu'un jour le réveil de tous soit très douloureux. Mais les Français auront été prévenu.Un peu comme dans des actualités de guerre en Irak ou ces attentats en Espagne : il ne suffit pas de zapper ou de fermer les yeux devant ces scènes d'horreur pour croire qu'elles n'ont pas eu lieu. Les français zappent trop souvent encore ou ferment les yeux. Non, ça n'arrive pas chez nous !
EH BIEN SI, ET C'EST TOUS LES JOURS.
A tous je dis de ne pas s'inquiéter et de se rassurer :
Sarkozy a été grandiose aujourd'hui en Angleterre. Il s'est représidentialisé en une soirée. Nosu avons donc à nouveau un vrai président qui sera bientôt à nouveau populaire...
Sérieusement, je suis parfaitement d'accord avec ce texte. Je proposerais bien volontiers aussi la suppression des régions qui ne servent qu'à gaspiller de l'argent.
Les français vont pouvoir reprendre espoir car JF Kennedy a été abattu bien avant la fin de son mandat.
Tous les espoirs nous sont perrmis
Désolé, mais ceux qui le font savent très bien pour quoi ils le font !!! Raffarin et ses comparses sont tout sauf des naïfs!
De nos jours, défendre l'idée d'identité nationale au sens "national" du terme et non "nationaliste ou xénophobe", est une ringardise pour les européanisants au pouvoir, P.S en tête...
La "corporate governance" (concept particulièrement vicieux) est à la mode et s'enseigne. L'élite sortie de l'ENA ou de Sciences Po n'a d'yeux que pour cette "Chimène" là (chimère?).
Compte tenu des décisions de Bruxelles qui ne laissent aux États (les 27) que 4 domaines d'activités responsables (La Police, la Justice, la Défense et les Finances) il va falloir trouver une solution pour ce Million d'enseignats
Et là il n'y a que deux solutions (dont la première n'est que transitoire car Bruxelles s'en mèlera aussi)
- soit être décentralisés auprès des Collectivités territoriales (Départements ou Régions)
- soit être privatisés dans des "Agences d'enseignement" dont l'objectif sera double
faire vivre les collèges et les lycées en y mettant des enseignants
former les futurs enseignants dans des établissements privés qui prendront en charge ces formations car les élèves (futurs enseignants) devront aux dites écoles de formation dix ans ou plus d'enseignement sauf, si ces enseignants venaient à démissionner le remboursement des "frais de scolarité"
Et les parents d'élèves dans tout cela : ben ilss devront payer les études de leurs rejetons selon des barêmes à définir par nos Enarques-ispecteurs des Finances et mais c'est une suggestion, les dits parents pourront déduire de leurs revenus annuels déclarés le montant des sommes versées pour l'éducation de leur progéniture !
En moins de dix ans on aura ainsi mis fiin au système actuel et on aura privatiser l'enseignement d'autant qu'on simplifiera les programmes (une seule langue vivante...) et que les enseignants devront traiter de deux matières (Français et histooire par exemple)
1 Million de fonctionnaires en moins ! C'est bruxelles qui sera content
Et on passera au second volet privatiser tout ce qui paut , dans les collectivités ou ce qu'il en restera toutes les taches que le secteur privé , dans une concurrence libre et loyale, sera capable de mener à bien et pour les quelles il (le secteur privé) aura été choisi comme concessionnaire !
CQFD
Et les Finances devront se méfier car la perception des impots et taxes peut très bien se faire par des sociétés de recouvrement !
On croit toujours avoir tout vu. Eh bien non ! Regardez ce qui se passe actuellement dans le secondaire avec les suppressions de postes. Et pensez-vous que tout va mieux dans le primaire parce qu'on en parle moins ?
Pas du tout. Xavier Darcos nous propose (impose) une énième réforme. Et pour couronner le tout, on trouve l'alliance contre nature Jack Lang-Luc Ferry pour dénoncer à qui mieux mieux le travail du nouveau ministre...
Ainsi va la douce vie agréable des enseignants...
Il en sera de même pour les enseignants. Et cela sera d'autant mieux accueilli qu'après avoir mis l'enseignement sur le flanc, le gouvernement proposera de simplifier simultanément le conteu de l'enseignement et la gestion des enseignés da,s un fatras de texte que les députés voteront avec entrain car ils seront tous contents de ne pas récupérer les 10.000 enseignants par départements (c'est un chiffre moyen ; 1 million d'enseignants pour 100 départements. ) Les départements (s'ils n'ont pas disparu n'auront que le bati des collèges à gérer et les Régions celui des lycées.
Je suis d'accord avec vous sur tout ce que contient votre article. C'est agréable de lire enfin des choses censées et qui nous ressemblent ! En voilà assez du dogme calculateur de la décentralisation, qui est tout un projet et toute une idéologie aliénante à lui seul.
Peyo se trompe : les départements ne doivent surtout pas être supprimés. Vieux de 220 ans, hérités des principes de philosophie politique de la Révolution, ils s'opposent frontalement aux Régions, créées dans les années 1980 dans un contexte idéologique diamétralement opposé. C'est cette dernière idéologie (que je n'ai pas le temps de définir plus amplement ici) qui me semble néfaste pour la France. Donc je dis oui aux Départements et non aux Régions.