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Après décembre dernier, la seconde vague de la RGPP (révision générale des politiques publiques) s'est donc abattue ce mois-ci avec son lot de 166 mesures, avant une troisième en juin prochain.

Aucun département ministériel n'est épargné par cette opération de saccage du service public de l'Etat : Education Nationale (12 000 suppressions d'emplois), justice, formation, logement social, etc.

Passée plus inaperçue, la réforme de la sécurité en dit pourtant beaucoup sur l'esprit de la RGPP.

Dans les textes et le dossier de presse en lecture ICI, quelques mots clés semblent résumer la réforme : "mutualisation", "recentrage", "redéploiement", "retour aux fondamentaux", etc.

Dans les faits, derrière ces signaux lancés à l'opinion, une réalité, et une seule : la suppression annoncée de 9 500 postes dans la sécurité en 3 ans (6000 dans la police et 3500 dans la gendarmerie), révélée par le journal Le Monde du 3 avril dernier.

La RGPP fonctionne ainsi : dans les textes, des principes, des formules, des slogans, sans jamais qu'on en tire explicitement les conséquences en terme de suppressions d'emplois. Les exemples de la sécurité et de l'éducation nationale sont à ce titre très frappants.

Il faut donc savoir décrypter cette réforme, travail que ne veulent pas faire les médias, et comprendre que derrière ces annonces, sciemment nombreuses pour noyer le citoyen sous l'accessoire, il n'y a bien qu'un seul objectif : la réduction du nombre de fonctionnaires de l'Etat, au détriment du service public, et dans le but de répondre aux exigences de Bruxelles à quelques mois de la présidence française de l'Union européenne.

Pendant ce temps, les vraies réformes nécessaires, touchant notamment à la décentralisation devenue incompréhensible, inefficace et hors de prix, ne sont pas abordées.

Résultat, les services publics qui trinquent, et notamment la sécurité, alors que la délinquance constitue un réel problème, que les violences aux personnes sont en hausse, que les bagarres entre bandes rivales se multiplient, dans l'indifférence quasi générale des médias, eux qui ont décidé depuis 2002 qu'il n'y avait plus de problème d'insécurité en France.

Nicolas Sarkozy s'est présenté comme le candidat de l'ordre retrouvé. Derrière le discours, une réalité : la suppression de milliers de postes de gendarmes et de policiers, 2 ans seulement après les émeutes généralisées, et quelques mois après Villiers-le-Bel qui avait mobilisé 1100 agents pour l'arrestation d'une quinzaine de caïds...

Est-ce bien raisonnable ?

 

Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /2008 10:56
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