La succession d'annonces gouvernementales ces derniers jours nous donne la désagréable impression que le mouvement de précarisation de la société s'accélère :
déremboursements de médicaments, baisse des allocations familiales, stagnation des salaires, création de nouvelles taxes sur la consommation, dislocation des services publics,...
C'est un fait : pris dans la spirale infernale de la mondialisation débridée, qui met tout en concurrence, hommes, territoires, entreprises, fiscalités et
modèles sociaux, l'Etat s'appauvrit. Entraînée avec lui dans ce mouvement infernal, la société tout entière connaît le même sort, ce qui se traduit par une baisse généralisée
du pouvoir d'achat, une montée de la précarité et des inégalités.
Ce que nous vivons actuellement n'est que l'accélération des conséquences du choix qu'ont délibérément fait nos dirigeants politiques PS UMP ou UDF depuis 25 ans : celui de la
mondialisation à tout-va, et de son catalyseur l'Europe de Bruxelles.
Voilà maintenant des années que le pouvoir d'achat stagne, que l'Etat régresse, que la solidarité perd de sa consistance. Mais ce que nous vivons depuis quelques temps montre que nous
sommes entrés dans une nouvelle étape, plus dévastatrice encore.
Plus l'Etat s'échinera à se désarmer face à la mondialisation, plus il fera le choix de l'Union européenne et du libre-échange, plus il encouragera la concurrence totale avec l'ensemble des pays
du monde, plus nous le verrons s'appauvrir, reculer et plus nous en paierons les conséquences.
Le choix du paradigme mondialiste, de la mondialisation intégrale nous a conduits au désastre. Non seulement, l'Etat et les services publics ont reculé, mais de surcroît ce choix
politique ne s'est pas révélé judicieux d'un strict point de vue économique. En effet, plus nous "avançons" dans cette voie, plus la croissance mollit, plus nous décrochons face aux grandes
puissances émergentes, et même face aux Etats-Unis qui ont su, eux, préserver leurs capacités de protection.
Il faut maintenant sortir de la spirale infernale. Cela implique de changer de paradigme, de sortir du tout mondialisation, du tout libéral. Cela suppose de redonner à l'Etat des
marges de manoeuvre, et de reprendre à Bruxelles et aux institutions internationales financières ces outils qui nous manquent tant aujourd'hui : une politique commerciale pragmatique, qui
avance mais qui sait aussi protéger, une politique industrielle digne de ce nom, et pas uniquement fondée sur le culte de la concurrence, une politique monétaire pragmatique, qui se fixe comme
objectifs la croissance et la prospérité.
Cela implique de s'appuyer sur la nation, comme meilleure structure de mobilisation des énergies, de promotion des intérêts du pays, et de mise en oeuvre de la solidarité.
Sauront-ils reconnaître leur erreur et changer ? Ou faudra-t-il se passer d'eux et les changer ?...
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