
Nous aurons largement de quoi revenir sur l'imposante révision de la Constitution qui s'annonce.
Mais un point retient aujourd'hui notre attention : la suppression de l'article 88-5, introduit en 2005, qui rendait obligatoire la consultation des Français par référendum avant
tout nouvel élargissement de l'Union européenne.
Un élargissement pourra de nouveau être validé uniquement via consultation du parlement.
Il s'agit d'un recul démocratique et d'une trahison d'une promesse essentielle du président de la République.
Recul démocratique, parce que le champ du référendum régresse à nouveau. Traumatisées par le NON à la Constitution européenne le 29 mai 2005, les élites politiques UMP comme PS
ont en réalité décidé, sans le dire, de ne plus jamais consulter directement le peuple sur les questions qui comptent. On l'a vu sur le Traité de Lisbonne, véritable Constitution européenne bis,
en février dernier. On le voit cette fois-ci sur les élargissements de l'Europe à de nouveaux Etats membres.
Le peuple est en quelque sorte puni, puni d'avoir "mal voté" en 2005, d'avoir osé dire NON à un projet voulu par toute l'élite politique, économique et médiatique.
Trahison des promesses ensuite, parce qu'on ne peut s'empêcher de penser que l'adhésion de la Turquie se cache derrière cette révision de la Constitution. Nicolas Sarkozy avait
promis que la Turquie ne rejoindrait pas l'Union européenne. Il avait déjà commencé à trahir en ne stoppant pas les négociations d'adhésion, alors qu'il en avait la possibilité dès juin
2007, et de nouveau en décembre dernier. Cette fois, les choses sont claires : tout est fait en réalité pour que la Turquie adhère à terme à l'UE, selon le voeu d'ailleurs des Etats-Unis et du
Royaume-Uni. Les Français, dont on connaît l'hostilité à cette perspective, ne pourront pas s'exprimer. Ils devront accepter sans mot dire une décision approuvée par un parlement non
représentatif.
La non-représentativité du parlement fera d'ailleurs l'objet d'un prochain article, du fait que le projet de révision constitutionnelle ne prévoit aucune modification des modes d'élection des
députés à l'assemblée nationale, contrairement aux promesses de Nicolas Sarkozy...
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