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Aujourd'hui, un thème que nous voulions depuis longtemps aborder, épisodiquement au coeur de l'actualité en France : l'avenir de la Belgique.

Il est d'abord extrêmement étonnant qu'on ne s'intéresse pas davantage à cette question, passionnante, qui concerne un pays aussi proche du nôtre, à tous les points de vue.

Depuis des décennies la Belgique est confrontée à une crise d'identité entre Flamands et francophones, qui n'a fait que s'accélérer ces 5 dernières années.

Il a fallu des événements de première importance pour que nos médias commencent à en parler. Le dernier en date est la démission fracassante du 1er ministre belge, Yves Leterme, le 14 juillet. Mais la crise est vivace et monte en puissance depuis plus d'une année...

Que dire de la diplomatie française, dont on se demande si elle est consciente des enjeux ? Touché de plein fouet par les baisses d'effectifs depuis des années, le Quai d'Orsay semble absent, et ne paraît pas avoir réfléchi sérieusement à la question.

C'est dommage, parce qu'un événement majeur, comme l'Europe occidentale n'en a pas connu depuis des décennies, est sur le point de se produire.

Les choses sont relativement simples.

Si la Belgique n'a jamais véritablement formé une vraie nation, ce qui peut se concevoir au regard des circonstances de sa création (le Traité de Londres en 1830 qui crée artificiellement un Etat tampon et une famille royale pour l'incarner), il n'y a pas non plus deux nations qui ne se supporteraient plus.

Il y a en réalité une nation et un morceau de France en Belgique. La nation est la communauté flamande, animée par une véritable volonté nationale. Dotée d'une langue, d'une culture, d'une histoire, de traditions, du sentiment d'un avenir partagé, la Flandre a la volonté et les moyens de former un Etat viable et prospère. Et personne ne peut le lui reprocher.

Il n'en est pas de même côté francophone. Les Francophones de Belgique n'ont à vrai dire jamais ressenti le désir de former une nation à part. Ils n'ont fait que subir les pressions flamandes, de façon croissante, acceptant toujours plus de concessions pour tenter de sauver la Belgique. Leur attachement à l'Etat belge s'explique bien davantage par l'envie de ne pas se retrouver seuls, eux qui sont moins nombreux et moins riches que les Flamands, que par un sentiment national belge.

Qui n'a pas compris ces dynamiques ne peut saisir la complexité de la question belge, et proposer des solutions réalistes.

Justement, quid de l'avenir ?

* Le statu quo semble impossible. Lancés dans un processus national, les Flamands ne seront en réalité satisfaits que le jour où ils verront flotter leur drapeau au-dessus des autres, en d'autres termes lorsqu'ils seront indépendants. On peut toujours tenter de faire l'autruche, mais la réalité est bien celle-là. Plus vite on acceptera de le reconnaître, plus on se donnera une chance d'échapper à la main-mise de l'extrême-droite flamande, le Vlaams Belang, sur le pays.

Les Flamands après tout ont bien droit à un Etat.

J'entends déjà les protestations de ceux qui craignent une contagion en Europe. Après les Flamands, pourquoi pas les Bretons, les Basques ou les Corses ?

La situation est totalement différente.
Autant il n'y a pas, et il n'y a jamais eu, de nation belge. Autant il y a une nation française, millénaire.
L'Etat belge n'est même pas victime à mon sens de l'Europe ou de la mondialisation, comme on le lit parfois. Il connaît simplement un processus qui était de toute façon inéluctable, et qui mettra fin à une bizarrerie de l'Histoire, nécessairement condamnée.

* Une fois la Flandre indépendante, deux scenarii sont envisageables : une petite Belgique francophone, constituée des 4 millions de francophones, ou une association avec la France.

La 2ème option gagne du terrain chez les francophones depuis quelques mois. Pas véritablement désireux de former un Etat nation, confrontés de surcroît à des difficultés économiques, les francophones de Belgique ressentent de plus en plus nettement au fur et à mesure que la crise s'aggrave outre-Quiévrain tout ce qui les rapproche de la nation française. Une langue bien sûr, mais aussi une histoire, une culture, un art de vivre, des médias (les chaînes françaises sont très regardées en Belgique francophone), un intérêt pour l'actualité française, qui a culminé lors de l'élection présidentielle, pour laquelle les francophones de Belgique s'étaient pris de passion.

Pour être mise en oeuvre, cette option nécessiterait bien sûr une consultation par référendum des populations concernées, en Belgique, et en France. Un sondage réalisé il y a quelques mois par l'Ifop montrait d'ailleurs à ce sujet que 54% des Français seraient favorables à une telle union, contre 40% qui s'y opposeraient.

* Resterait l'épineuse question de Bruxelles, revendiquée par la Flandre mais peuplée à près de 90% par des francophones.

Une consultation de la population bruxelloise sur son avenir serait sans aucun doute la seule solution acceptable et viable à long terme.

Jeudi 17 juillet 2008 4 17 /07 /2008 11:00
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