En vue des élections européennes de juin prochain, nous entamons un travail d'information sur des vérités dont les grands médias ne parlent jamais. Toutes les
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Aujourd'hui, les lobbies à Bruxelles.
La ville siège de la Commission européenne est la 1ère ville au monde en terme de nombre de cabinets de lobbying.
Vous allez voir, c'est édifiant...
ð Aujourd’hui, on dénombre environ 15 000 lobbies à Bruxelles (record du monde)
ð Ils représentent divers intérêts : syndicats, régions, mais surtout entreprises multinationales
ð Les régions sont de plus en plus présentes afin de discuter directement avec Bruxelles et de court- circuiter l’échelon étatique national (encouragées en ce sens par le Traité de Maastricht qui a créé le « Comité des régions » en 1992)
ð Parmi les lobbies, environ 2600 « groupements d’intérêts », dont 70% représenteraient l’industrie
ð Mode d’action habituel : fourniture de « rapports » et d’ « expertises » aux institutions européennes (Commission surtout, mais aussi Parlement et Conseil)
ð Cas particulier du Parlement européen : technique très répandue du « tourniquet parlementaire » : un attaché parlementaire travaille 2 à 3 ans à ce poste, puis se fait embaucher dans un cabinet de lobbying, avant de redevenir fonctionnaire européen, lui permettant de faire passer certains messages…
ð Techniques et méthodes inspirées des Etats-Unis
ð Ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors a reconnu lui-même que les « groupes d’intérêt », les lobbies, et Bruxelles travaillent main dans la main.
Il a ainsi évoqué sa collaboration en tant que président de la Commission avec l’ERT ("European Round Table", qui regroupe une cinquantaine de multinationales européennes) pour réformer l’éducation et préparer la fameuse « stratégie européenne de Lisbonne » (adoptée en 2000 sous l'impulsion de la Commission, en France par Jacques Chirac et Lionel Jospin), destinée à faire de l’Europe « l’économie de la connaissance la plus compétitive d’ici 2010 », et qui prévoit surtout un vaste chantier de « réformes structurelles » (entendre réformes libérales : réforme de l’Etat, déréglementations, libéralisations, ouverture des marchés du travail, etc.), dans lequel nous baignons largement depuis des années.
ð Autres exemples : sur les OGM (Monsanto, Novartis), mais aussi sur les retraites ou les médicaments génériques.
ð Discours en vogue à Bruxelles, et de plus en plus en France : les lobbies sont une composante indispensable à la démocratie. Ils
permettent de prendre des décisions de façon « éclairée » et de fournir des « expertises » à des institutions qui seraient incapables de les produire par elles-mêmes. Cf
un haut fonctionnaire de la Commission : « Les bons lobbyistes nous sont très utiles. Ils nous procurent un accès rapide à des informations que nous ne détenons pas toujours et qui peuvent
influencer notre décision »
ð Cette omniprésence des lobbies est même souvent présentée sous le nom flatteur de « dialogue avec la société civile »
ð Enfin, la Commission se réjouit de l’influence des lobbies qui contribuent à véhiculer une certaine information –forcément positive- sur l’Europe. Cf document récent de la Commission : « En ce sens, ils assurent une médiation partielle de l’information produite massivement par la 'machine communautaire' pour l’adapter à leurs publics. Il n’en demeure pas moins que, en dépit de leurs stratégies propres de communication et du rapport instrumental qu’ils ont à l’information, ces relais nationaux sectoriels jouent un rôle positif dans la sensibilisation des publics aux questions européennes, en particulier par l’éclairage expert qu’ils apportent sur ces dernières. Ils semblent ainsi participer de l’éveil d’une « conscience européenne »
Propositions
ð Il faut refuser et démonter ce discours angélique et appeler un chat un chat : les lobbies ne sont en rien représentatifs de la « société civile ». Les syndicats sont d’ailleurs très minoritaires au regard des firmes multinationales. Les lobbies ne sont rien d’autres que des cabinets d’avocats d’affaires, des cabinets spécialisés qui rémunèrent grassement leurs collaborateurs pour influencer les décisions de la Commission européenne dans le sens des intérêts commerciaux et financiers de leurs clients. Ils font le même travail à l’adresse des parlementaires européens, notamment ceux qui sont membres du duople PPE/PSE.
ð Ce sont donc bien les multinationales qui font largement la loi à Bruxelles. Elles façonnent la législation communautaire qui se retrouve ensuite directement dans nos lois (80% de nos lois sont d’origine européenne. 81,4% selon une étude du ministère allemande de la Justice datant de 2006)
ð On peut donner quelques exemples : pourquoi Bruxelles est-elle à ce point obnubilée par la « concurrence pure et parfaite » dans tous les domaines ? Pourquoi l’UE est-elle devenue la zone la plus ouverte du monde ? Pourquoi tous les services publics ont-ils peu à peu été ouverts à la concurrence, déréglementés, privatisés ?…Pourquoi l’Europe prône-t-elle systématiquement le financement d’une part croissante des universités européennes par le secteur privé, les entreprises ? Pourquoi le discours et les décisions de la Banque Centrale européenne vont-ils toujours dans le sens d’un « blocage des salaires » (comme l’avait affirmé début 2008 Jean-Claude Trichet, en utilisant ces mots) ? On doit s’interroger sur la place des lobbies et des multinationales.
ð Pas besoin d’un système aussi malsain et de lobbies omniprésents pour obtenir l’information nécessaire à l’élaboration d’une nouvelle législation.
ð Risques évidents de corruption dans un tel système. Souvent, parlementaires européens et haut fonctionnaires de la Commission se voient proposer l’invitation à un Congrès dans une destination paradisiaque, à tire professionnel bien sûr…
Il convient donc :
ð d'encadrer fermement les lobbies, et de cesser de les considérer (ou cesser de feindre de les considérer) comme des éléments du système démocratique
ð de traquer beaucoup plus sérieusement qu’aujourd’hui les cas de corruption au sein de la Commission et du Parlement européen. Nettoyer les écuries d’Augias…
ð La place des lobbies diminuera très sensiblement d’elle-même lorsque nous aurons remis la Commission à sa juste place : une simple structure technique chargée de mettre en œuvre les décisions prises par les politiques nationaux légitimes dans le cadre d’un système intergouvernemental.
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