Il ne fallait rien attendre du G20, et il n'en est rien sorti. Quelques mesurettes techniques, encore floues, ne sont pas à la hauteur de la crise
systémique que nous traversons.
Pire, dans le communiqué publie à l'issue de la réunion des 20 principales économies mondiales, le "rejet du protectionnisme" est considéré comme "vital".
Autrement dit, on ne change pas de cap. Au libre-échange généralisé d'hier succèdera le libre-échange généralisé de demain, avec toujours le même succès...
Nicolas Sarkozy a beau se glorifier de ce non-événement, il est en premier lieu concerné par cet échec.
La mystification et l'enfumage ont atteint leurs limites. Tous
les beaux discours de ces dernières semaines pour ça...Comme dirait l'autre, ils ont fait "pschitt".
En réalité, quelqu'un qui a toujours défendu le Système euro-libéral ne peut pas le refonder.
La conclusion qu'il tire de la réunion du G20 est à ce titre éloquente : "C'est un message que nous envoyons aux marchés" (AFP) a-t-il affirmé en quittant la réunion.
Et les populations ? Oubliées ? Ne faudrait-il pas d'abord s'adresser aux peuples qui souffrent plutôt qu'aux marchés ?
Ceux qui tombent périodiquement dans le piège de l'enfumage hautement médiatisé, cher à Nicolas Sarkozy, et qui se prennent à croire en lui doivent toujours en revenir aux fondamentaux pour
éviter les cruelles déceptions.
Nicolas Sarkozy est un homme du Système. Il l'incarne mieux que quiconque, par son style, son passé, ses amitiés, ses convictions, ses votes et ses actes.
Député de 1988 à 1993, il a voté toutes les mesures libérales, et notamment le Traité de Maastricht, qui pose en Europe les principes dévastateurs de la mondialisation
débridée : dogme de la concurrence, libre-échange à l'intérieur de l'Europe et à l'extérieur, rigueur budgétaire, perte de la liberté monétaire au profit d'une entité responsable devant personne,
déréglementation des services publics, etc.
De nouveau député entre 1995 et 2002, il vote les Traités d'Amsterdam et de Nice, qui poursuivent sur la même voie, malgré la montée des précarités et les délocalisations.
En 2008, il fait passer en force le Traité de Lisbonne, nouveau nom de la très libérale Constitution européenne rejetée par référendum en mai 2005.
Et n'oublions pas cette promesse pendant la campagne présidentielle de 2007 de mettre en place en France les prêts hypothécaires, autrement appelés "subprimes"...
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