A vos plumes

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La crise, c’est comme la tempête. On n’y peut rien, elle frappe à peu près quand elle veut et où elle veut. Au mieux, on peut tenter d’en gérer les conséquences et de réparer les dégâts après son passage.

                       
Voilà en substance la stratégie de communication du gouvernement, de l’Elysée et du patronat sur la crise (l’image de la tempête a été reprise par Laurence Parisot jeudi dernier). L’idée est habile, et très simple : il faut éviter que la population ne cherche des responsables à la crise, et qu’elle n’exige des réponses de fond. 

Pour cela, rien de mieux que de faire croire que la crise est une quasi « catastrophe naturelle », qui en a toutes les caractéristiques : pas de responsable, rien à faire pour éviter qu’elle ne se reproduise.

 

Quelques esprits faibles tomberont dans le panneau. Ils répéteront à l’envi qu’ils faut accepter de faire des sacrifices pendant la crise, que le gouvernement n’y est pour rien, qu’on doit attendre que ça passe.

Certains d’une manière générale, vous l’aurez remarqué, ont cette fâcheuse habitude de sauter tête la première dans tous les pièges qu’on leur tend, manquant cruellement de bon sens et d’esprit de discernement.

Pour ceux-là, on ne peut malheureusement pas faire grand-chose. Ils continueront de s’énerver dans les micro-trottoirs contre « ces grévistes qui gagnent 1500 euros alors que moi je n’en gagne que 1200 et que je ne fais pas grève ». Les radios continueront de leur donner largement la parole dans les émissions réservées aux auditeurs. Des petits qui s'attaquent à d'autres petits, sous l'oeil amusé des plus gros...

 

Ils sont heureusement très minoritaires.

 

Ce que craint le Système en place, en réalité, c’est que tous les autres, tous ceux qui sentent plus ou moins confusément que la crise a bien une cause, qu’il y a bien quelque chose qui cloche dans la façon dont est organisée l’économie, que le libéralisme a créé de la pauvreté et des inégalités, que la mondialisation n’est pas vraiment heureuse, que l’Europe qu’on nous a vendue n’a pas tenu ses promesses, fassent le lien entre tous ces éléments.

 

Ce que craint le Système, c’est que ces gens-là assemblent toutes les pièces du puzzle et comprennent à la faveur de la crise que la mondialisation libérale nous a conduits droit dans le mur.

Qu’en exacerbant le libre-échange généralisé, elle a supprimé toutes les protections, toutes les barrières salvatrices entre les nations.

Qu’elle n’était qu’un phénomène voulu et entretenu par les marchés financiers et les quelques dizaines de milliers de personnes qui en profitent à fond.

Que l’Europe de Bruxelles n’a pas eu d’autre but à partir des années 1980 et de l’Acte unique que d’accélérer ce processus. De détruire les régulations nationales, les services publics, jusqu’à toucher à l’identité-même des pays qui la composent et imposer sa loi quitte à sacrifier la démocratie.

Que les gouvernements successifs de gauche et de droite ont appliqué ce programme méthodiquement depuis 25 ans. Qu’on a fait croire à une opposition entre les partisans de ce Système, UMP/PS/Modem et partis satellites. Que les grands médias ont été complices de cette dérive.

 

Voilà ce que redoute le Système.

Que le puzzle prenne forme dans l’esprit d’une majorité de Français aurait du point de vue politique des conséquences d’une très grande ampleur.

Dès les élections européennes, les partis qui ont conduit le pays vers cette catastrophe, qui lui ont menti pendant des décennies, qui ont fait semblant de s’opposer seraient sans doute balayés.
La réhabilitation de la nation, de l’Etat, de la protection et de la redistribution des richesses permettrait l’émergence d’autres forces, aujourd’hui tenues à l’écart des caméras et des micros.

 

Nous sommes donc très loin d'une catastrophe naturelle. Nous nous battons pour des idées, des principes, des politiques, contre l’ignominie d’un Système à bout de souffle.

 

Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /2009 09:26
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