A vos plumes

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Nicolas Sarkozy en sauveur de l'industrie automobile française et des emplois localisés en France, voilà le conte qu'on nous a vendu dans les médias ces derniers jours.

En échange de l'aide de l'Etat, le président aurait exigé de Renault et de PSA qu'elles maintiennent leurs unités de production sur le territoire national en gelant pendant 5 ans toute délocalisation vers Europe de l'est.

Et bien ce conte est faux.

Vous ne le savez sans doute pas, mais un nouvel accord a été négocié avec la commission de Bruxelles, qui s'est traduit par la capitulation sans conditions de Nicolas Sarkozy.

Dans un communiqué, la commission indique en effet très clairement :

"Les conventions de prêt avec les constructeurs automobiles ne contiendront notamment aucune condition relevant de la localisation de leurs activités ou de l'approvisionnement en priorité auprès de fournisseurs installés en France".

La commission ajoute même avoir été informée par Paris que les mesures d'aides n'affectaient pas "la liberté des constructeurs de développer leurs activités économiques dans le marché intérieur et notamment n'empêchent pas les constructeurs d'adapter leur production à l'évolution du marché, en révisant si besoin leurs plans stratégiques".

En d'autres termes, le gouvernement a accepté de verser des milliards d'euros aux constructeurs français sans avoir la possibilité de contrôler la localisation des activités dans le pays.

Le libre-échange intégral euro-libéral l'a encore emporté par KO.
L'Europe de Bruxelles persévère dans la même voie, celle du laisser-faire et du laisser-aller, à l'heure précisément de la crise radicale de ce modèle.
Les politiques économiques ne doivent suivre qu'un seul principe, celui de la libre concurrence. Dans un marché unique aussi divers que l'Europe, où certains pays affichent des coûts de production bien plus bas qu'en France, cela se traduit mécaniquement par des délocalisations, qui ne font que s'accentuer avec la crise.

Ni l'UMP, ni le PS, ni le Modem n'ont jugé bon de dénoncer cet accord de dupes, montrant ainsi leur incapacité à se défaire de vieux réflexes européistes et libre-échangistes.

Une question importante se pose aujourd'hui : Nicolas Sarkozy a-t-il réellement tenté d'imposer son plan à Bruxelles, sans succès, ou savait-il dès le départ qu'il ne serait jamais appliqué ? 
Dans la seconde hypothèse, il se serait une nouvelle fois rendu coupable d'une tentative de manipulation de l'opinion publique par enfumage généralisé.

Dans tous les cas, les salariés de l'automobile, et les contribuables qui financent ce plan d'aide, apprécieront.

Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /2009 14:19
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