
Martine Aubry recevra peut-être aujourd'hui un bouquet de fleurs, accompagné de cette petite carte : "Merci de ton aide. Bisou, Nicolas Sarkozy".
Si le président de la République n'a pas encore pensé à cette délicate attention, il ne devrait plus hésiter après le merveilleux cadeau que vient encore de lui offrir le parti socialiste à
l'occasion de sa soirée au Zénith, "le Printemps des libertés".
En pleine crise économique et sociale, voilà un parti, qui se veut principal opposant au gouvernement, dénoncer pendant une soirée la prétendue "politique sécuritaire" de Nicolas
Sarkozy.
"On constate que l'Etat social recule mais que l'Etat pénal progresse", ou encore "L'Etat serre du côté de sa main droite", pouvait-on entendre hier au
Zénith.
Nicolas Sarkozy n'en attendait certainement pas autant !
Lui qui justement s'échine à cultiver son image d'homme de poigne, celui qui a débarrassé la France du fléau de
l'insécurité, ne pouvait pas espérer mieux. Le PS s'est engouffré dans sa stratégie de communication en validant cette posture.
Ce qui gêne le PS, ce n'est pas que Nicolas Sarkozy "refasse le coup de la sécurité" (pour reprendre une expression entendue au Zénith), c'est à dire qu'il trompe les Français en faisant
croire qu'il combat la violence, mais bien qu'il soit trop dur face à la délinquance.
Les faits démontrent pourtant précisément le contraire. Comme nous l'expliquions chiffres à l'appui dans un récent
article, Nicolas Sarkozy ne fait que brasser du vent contre les délinquants depuis 7 ans. Beaucoup de discours musclés, mais pas de résultats. Et comment oser affirmer que "l'Etat pénal
progresse" au moment même où le droit des affaires est dépénalisé sur instruction du président !
Pain béni pour le pouvoir.
Pain béni parce que Nicolas Sarkozy pourra faire valoir auprès de son électorat les critiques du parti socialiste, en tenant à peu près ce langage : "Vous voyez que je suis efficace contre
l'insécurité. La preuve, le PS me reproche d'en faire trop !".
Pain béni aussi parce que pendant ce temps le parti socialiste ne développe aucune critique là où ça ferait pourtant mal : la politique économique et sociale, et plus largement la politique
européenne dogmatique et ruineuse.
Le PS a donc une nouvelle fois tout faux. Encore une fois il se trompe de cible. Voilà qui ne surprendra pas de la part d'un mouvement totalement déconnecté des réalités. Il s'adresse aux bobos quand la France des usines, des bureaux et des ANPE souffre. Dès lors, la faible participation au "printemps des libertés" hier soir (1200 personnes contre 4000 attendues) n'étonnera que les naïfs.
Le parti socialiste qui dénonce la politique trop sécuritaire de Nicolas Sarkozy, c'est un peu comme si l'UMP reprochait à Martine Aubry une prétendue volonté de rompre avec le libre-échange et les dogmes libéraux de l'Europe de Bruxelles, volonté bien sûr inexistante...
Le Système UMPS-Modem est décidément bien construit ! Chacun est le faire-valoir de l'autre, chacun feint de combattre l'autre, pour
mieux tenir, et mieux tromper les électeurs. Au final, c'est bien la France qui trinque.
Refusons les impostures, les fausses oppositions, et oeuvrons pour le changement, le vrai !
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