Si Nicolas Sarkozy et ses collaborateurs n'ont impulsé aucune rupture sur la plupart des dossiers, économiques, sociaux, européens ou relativement à la sécurité, ils peuvent en revanche se prévaloir d'une rupture, d'une vraie, d'une sérieuse, en matière de politique étrangère.

Malheureusement pour nous et pour tous ceux dans le monde qui attendent de la France qu'elle montre la voie d'un autre chemin face au modèle dominant comme elle avait su le faire en 2003 pendant la guerre d'Irak, cette rupture est la seule dont on se serait vraiment bien passé !
Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a donc lancé l'alerte hier sur RTL : il faut "se préparer au pire", à quoi ? "mais à la guerre monsieur", à la guerre avec l'Iran ! Entendez bien sûr qu'il faut se préparer à servir d'appui à une intervention américaine (ou d'une coalition israélo-britannico-américaine) dans ce pays...L'Elysée n'a pas démenti ces propos dramatiques qui ont fait rire et pleurer à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique, ainsi que dans toutes les capitales, et même à Washington où on les a jugés un peu rapides...
Certes, cela n'est pas pour nous surprendre. Maintes fois durant la campagne présidentielle, nous avions tiré la sonnette d'alarme : même s'il ne le disait plus explicitement avant le scrutin, Nicolas Sarkozy est un atlantiste, il est fasciné par le modèle américain et les concepts de politique étrangère de George Bush et son équipe. Il avait semblé soutenir l'intervention américaine en Irak en 2003, dont on sait aujourd'hui quel immense échec elle représente. Il a sciemment choisi un ministre des Affaires étrangères connu pour sa position belliciste en 2003 et fervent partisan du concept américain de "guerre préventive".
Les premiers mois de la présidence Sarkozy avait déjà confirmé ces soupçons, quand le chef de l'Etat avait choisi de passer ses vacances à quelques encablures de la maison des Bush, espérant y être invité. Entre deux hambrugers, il avait d'ailleurs promis au président américain à cette occasion un renforcement de la présence française en Afghanistan. Tout récemment, le ministre de la Défense Hervé Morin s'est prononcé en faveur du retour complet de la France au sein du commandement intégré de l'OTAN, que le général De Gaulle avait choisi de quitter en son temps...
La France de Sarkozy, résolument atlantiste et alignée sur les positions américaines, allant même jusqu'à les devancer par zèle, n'est pas la France que le monde attend. Ce n'est pas le drapeau de ce pays là que des centaines de milliers de manifestants du monde entier brandissaient en février 2003 lorsqu'ils marchaient contre la guerre en Irak. Ce n'est pas pour ce pays que les Français eux-mêmes font bloc lorsqu'il parle d'une voix forte dans le monde, et qu'il prône un autre avenir que celui que nous promet Washington. Ce n'est pas cette France là qui assurera la sécurité sur notre sol et dans le monde.
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