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Mardi 13 mai 2008




Le gouvernement aurait trouvé la solution miracle pour redonner des couleurs au pouvoir d'achat : libéraliser la grande distribution !

Susurrée à l'oreille de Nicolas Sarkozy par Jacques Attali et Michel-Edouard Leclerc, cette mesure est une vaste arnaque, déjà dénoncée par plusieurs économistes.

En effet, que nous dit-on ? Que la liberté laissée aux grandes surfaces de s'installer où elles le désirent permettrait d'accroître la concurrence et de faire baisser les prix.

Autrement dit, le raisonnement sous-jacent à cette analyse serait le trop faible nombre d'enseignes de grande distribution en France.

C'est tout simplement faux. Notre pays est déjà celui qui compte la plus forte densité de grandes surfaces au monde : 1 pour 46 000 habitants à l'heure actuelle, contre 1 pour 51 000 en Allemagne et 1 pour 130 000 en Italie.

Il y a moins de grandes surfaces en Allemagne, et pourtant les prix y sont inférieurs.

Parce qu'en réalité le problème se trouve ailleurs, là où la loi n'a absolument pas prévu d'aller voir, au niveau des centrales d'achat.

Au nombre de 5 aujourd'hui en France (EMD, Coopernic, Auchan Europe, Casino Europe et Carrefour Europe), elles forment un véritable oligopole. A mesure qu'elles se rachetaient les unes les autres ces dernières années, les ententes se multipliaient, et leur toute-puissance s'accroissait.
Ce sont elles qui déterminent les prix. Elles resteront parfaitement insensibles à l'augmentation du nombre de grandes surfaces dans nos centre-villes.

Au delà de ces aspects purement économiques, les mesures de soutien à la grande distribution sont également néfastes du point de vue de la vitalité de nos centre-villes. Laissez entrer librement Auchan, Carrefour et Leclerc au coeur de nos cités, et vous verrez le petit commerce, les marchés péricliter, puis disparaître. A-t-on réellement envie de vivre ce recul civilisationnel ?

Le "président du pouvoir d'achat" semble donc une nouvelle fois faire fausse route. Aucune mesure ne sera en réalité efficace tant que la question centrale, celle du libre échange mondial qui fait pression à la baisse sur les salaires, ne sera pas sérieusement abordée.

Mais Nicolas Sarkozy est-il réellement préoccupé par notre pouvoir d'achat quand il promeut la libéralisation de la grande distibution, ou a-t-il d'abord pour ambition de contenter son ami Michel Edouard Leclerc, qui avait si bien fait campagne pour lui l'an dernier ? C'est à se demander...

par Le Vrai Débat publié dans : Dogmatisme libéral
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Lundi 21 avril 2008




La succession d'annonces gouvernementales ces derniers jours nous donne la désagréable impression que le mouvement de précarisation de la société s'accélère : déremboursements de médicaments, baisse des allocations familiales, stagnation des salaires, création de nouvelles taxes sur la consommation, dislocation des services publics,...


C'est un fait : pris dans la spirale infernale de la mondialisation débridée, qui met tout en concurrence, hommes, territoires, entreprises, fiscalités et modèles sociaux, l'Etat s'appauvrit. Entraînée avec lui dans ce mouvement infernal, la société tout entière connaît le même sort, ce qui se traduit par une baisse généralisée du pouvoir d'achat, une montée de la précarité et des inégalités.

Ce que nous vivons actuellement n'est que l'accélération des conséquences du choix qu'ont délibérément fait nos dirigeants politiques PS UMP ou UDF depuis 25 ans : celui de la mondialisation à tout-va, et de son catalyseur l'Europe de Bruxelles.
 
Voilà maintenant des années que le pouvoir d'achat stagne, que l'Etat régresse, que la solidarité perd de sa consistance. Mais ce que nous vivons depuis quelques temps montre que nous sommes entrés dans une nouvelle étape, plus dévastatrice encore.

Plus l'Etat s'échinera à se désarmer face à la mondialisation, plus il fera le choix de l'Union européenne et du libre-échange, plus il encouragera la concurrence totale avec l'ensemble des pays du monde, plus nous le verrons s'appauvrir, reculer et plus nous en paierons les conséquences.

Le choix du paradigme mondialiste, de la mondialisation intégrale nous a conduits au désastre. Non seulement, l'Etat et les services publics ont reculé, mais de surcroît ce choix politique ne s'est pas révélé judicieux d'un strict point de vue économique. En effet, plus nous "avançons" dans cette voie, plus la croissance mollit, plus nous décrochons face aux grandes puissances émergentes, et même face aux Etats-Unis qui ont su, eux, préserver leurs capacités de protection.

Il faut maintenant sortir de la spirale infernale. Cela implique de changer de paradigme, de sortir du tout mondialisation, du tout libéral. Cela suppose de redonner à l'Etat des marges de manoeuvre, et de reprendre à Bruxelles et aux institutions internationales financières ces outils qui nous manquent tant aujourd'hui : une politique commerciale pragmatique, qui avance mais qui sait aussi protéger, une politique industrielle digne de ce nom, et pas uniquement fondée sur le culte de la concurrence, une politique monétaire pragmatique, qui se fixe comme objectifs la croissance et la prospérité.

Cela implique de s'appuyer sur la nation, comme meilleure structure de mobilisation des énergies, de promotion des intérêts du pays, et de mise en oeuvre de la solidarité.

Sauront-ils reconnaître leur erreur et changer ? Ou faudra-t-il se passer d'eux et les changer ?...

par Le Vrai Débat publié dans : Dogmatisme libéral
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Samedi 16 février 2008



Michelin, Miko, Arcelor Mittal, les mauvaises nouvelles s'accumulent. Des centaines de salariés jetés à la rue, des territoires qui voient leur substance industrielle s'envoler, vers l'Inde, vers la Chine, vers l'Europe de l'Est. Impact négatif sur l'emploi, bien sûr, mais aussi sur le pouvoir d'achat, quand des employés pour retrouver un poste sont forcés d'accepter des salaires de misère.

Ce constat n'est pas nouveau, c'est vrai. Mais les choses semblent s'accélérer, et le décalage entre la santé florissante des grandes groupes, riches à milliards de bénéfices, la hausse faramineuse des revenus des patrons français, désormais les mieux payés d'Europe, et la détresse de millions d'employés n'a sans doute jamais été aussi frappant, immoral, scandaleux.

Surtout, le pouvoir n'a jamais semblé aussi impuissant. Il parle beaucoup, il se montre aux côtés des travailleurs qui souffrent, il leur fait de belles promesses, mais au bout du compte il ne règle rien. Pis, il ment. Quand Nicolas Sarkozy rend visite aux salariés d'Arcelor Mittal et qu'il leur promet une intervention financière de l'Etat, suscitant de faux espoirs, il ment. Il ment parce qu'il sait parfaitement qu'il n'a plus les moyens d'agir; et qu'il vient de le confirmer une nouvelle fois en signant dans le dos du peuple le Traité de Lisbonne, cette Constitution européenne qui ne porte pas son nom. 

Parce que le problème est bien là. Depuis des années, gauche et droite, ensemble, ont accepté de signer des Traités européens qui ont totalement désarmé l'Etat. 
Interdites les aides d'Etat, interdites les protections intelligentes aux frontières, interdite l'intervention de la puissance publique pour définir une politique industrielle digne de ce nom. Au lieu de cela, le dogmatisme libéral et libre-échangiste le plus total, comme nulle part ailleurs dans le monde.

Ce ne sont pas les quelques mesurettes qu'annoncera peut-être le chef de l'Etat qui règleront le problème. Il faudrait agir bien plus en profondeur, en se redonnant les moyens de mener une vraie politique industrielle et de croissance, grâce à l'action d'un Etat impulseur, investisseur s'il le faut. Il faudrait aussi pouvoir combattre à armes égales dans la mondialisation. La Chine, les Etats-Unis, la Russie, le Japon ont à leur disposition une large gamme d'outils pour assurer une protection de leurs intérêts. La France et les pays de l'Union européenne se sont attachés une main derrière le dos. La France est la 5ème puissance économique mondiale, elle a largement les capacités de se défendre. A condition qu'on lui en donne les moyens, le droit.

Il est donc temps de changer radicalement de cap. L'UMP le PS ou le Modem sont prisonniers d'une idéologie européiste dévastatrice, qui va à contrecourant de ce qu'on voit ailleurs dans le monde. La mondialisation nécessite d'avoir en face d'elle des Etats puissants. Comprenons-le avant qu'il ne soit trop tard !

par Le Vrai Débat publié dans : Dogmatisme libéral
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