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Pression sur les médias

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Lundi 7 avril 2008

 



Après décembre dernier, la seconde vague de la RGPP (révision générale des politiques publiques) s'est donc abattue ce mois-ci avec son lot de 166 mesures, avant une troisième en juin prochain.

Aucun département ministériel n'est épargné par cette opération de saccage du service public de l'Etat : Education Nationale (12 000 suppressions d'emplois), justice, formation, logement social, etc.

Passée plus inaperçue, la réforme de la sécurité en dit pourtant beaucoup sur l'esprit de la RGPP.

Dans les textes et le dossier de presse en lecture ICI, quelques mots clés semblent résumer la réforme : "mutualisation", "recentrage", "redéploiement", "retour aux fondamentaux", etc.

Dans les faits, derrière ces signaux lancés à l'opinion, une réalité, et une seule : la suppression annoncée de 9 500 postes dans la sécurité en 3 ans (6000 dans la police et 3500 dans la gendarmerie), révélée par le journal Le Monde du 3 avril dernier.

La RGPP fonctionne ainsi : dans les textes, des principes, des formules, des slogans, sans jamais qu'on en tire explicitement les conséquences en terme de suppressions d'emplois. Les exemples de la sécurité et de l'éducation nationale sont à ce titre très frappants.

Il faut donc savoir décrypter cette réforme, travail que ne veulent pas faire les médias, et comprendre que derrière ces annonces, sciemment nombreuses pour noyer le citoyen sous l'accessoire, il n'y a bien qu'un seul objectif : la réduction du nombre de fonctionnaires de l'Etat, au détriment du service public, et dans le but de répondre aux exigences de Bruxelles à quelques mois de la présidence française de l'Union européenne.

Pendant ce temps, les vraies réformes nécessaires, touchant notamment à la décentralisation devenue incompréhensible, inefficace et hors de prix, ne sont pas abordées.

Résultat, les services publics qui trinquent, et notamment la sécurité, alors que la délinquance constitue un réel problème, que les violences aux personnes sont en hausse, que les bagarres entre bandes rivales se multiplient, dans l'indifférence quasi générale des médias, eux qui ont décidé depuis 2002 qu'il n'y avait plus de problème d'insécurité en France.

Nicolas Sarkozy s'est présenté comme le candidat de l'ordre retrouvé. Derrière le discours, une réalité : la suppression de milliers de postes de gendarmes et de policiers, 2 ans seulement après les émeutes généralisées, et quelques mois après Villiers-le-Bel qui avait mobilisé 1100 agents pour l'arrestation d'une quinzaine de caïds...

Est-ce bien raisonnable ?

 

par Le Vrai Débat publié dans : Réforme/affaiblissement de l'Etat
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Mercredi 26 mars 2008



Pour faire suite à notre précédent article sur la dramatique RGPP, quelques réflexions et pistes d'action.

Le journal Les Echos de ce matin nous le rappelle : les dépenses des collectivités locales - communes, intercommunalités, départements et régions - ne cessent de croître, s'établissant à 210 milliards d'euros l'an dernier, en hausse de 6,9% en un an !

Plutôt que de s'acharner sur les services publics d'Etat, plutôt que de fermer des bureaux de poste, des collèges, des lignes de chemin de fer et des hôpitaux, il serait sans doute plus intelligent de partir de ce constat et de trouver des solutions.

Et nous arrivons vite au coeur du problème : les décentralisations successives depuis 1982. Ces décentralisations, et tout particulièrement celle de 2004, ont créé une situation extrêmement complexe, où plus personne ne s'y retrouve, à commencer par le citoyen perdu dans la jungle des compétences partagées entre collectivités et Etat.

On ne compte plus aujourd'hui le nombre d'organismes coprésidés par tel élu local et le Préfet, le nombre de domaines (tel la sécurité incendie ou les routes) où une partie du travail est effectué par l'Etat, l'autre par le département ou la région.

A cet imbroglio est venu s'ajouter le mouvement d'intercommunalité, qui se traduit par la superposition de structures administratives doublons aux échelons municipaux. Un rapport de la Cour des comptes de 2005 estimait ainsi à 200 000 le nombre d'emplois doublons engendrés par l'intercommunalité.

Les décentralisations ont donc compliqué à l'extrême les politiques publiques, désorienté l'usager et affaibli l'Etat dans sa dimension stratégique, alors que dans le même temps naissaient des seigneureries locales et s'accroissaient les inégalités économiques et sociales entre les territoires.

Pire, une concurrence malsaine s'est peu à peu développée entre les grosses collectivités locales (notamment les régions) et l'Etat, alors qu'on pourrait attendre de nos élus et de nos fonctionnaires qu'ils travaillent ensemble, dans le même sens, mûs uniquement par l'intérêt général et le souci de bien faire.

Il ne faut donc pas s'étonner du chiffre que nous donne Les Echos : +6,9% en un an. Dans un univers flou, complexe et mouvant, chaque acteur peut bénéficier de zones d'incertitude pour avancer, dépenser toujours plus, embaucher à tout-va, et pratiquer au passage le clientélisme qui aidera à la réelection...

Voilà le vrai sujet. Plutôt que d'affaiblir encore un peu plus l'Etat alors que la mondialisation nécessite des Etats forts pour pouvoir lui faire contrepoids, le gouvernement ferait bien de se pencher sur la décentralisation.

On pourrait espérer une clarification des compétences, qui se traduirait certainement par la recentralisation d'une partie d'entre elles (notamment la politique sociale aujourd'hui dévolue aux départements), quand l'égalité entre les territoires le demande ou qu'une politique stratégique de la Nation l'exige.

Peut-être faudrait-il aussi supprimer un niveau de collectivité. A ce sujet, l'échelon régional mérite qu'on s'interroge sur sa pertinence. Trop petit pour avoir un poids quelconque et porter une politique stratégique, trop grand pour être proche du citoyen et constituer un échelon de proximité, il n'est peut-être pas nécessaire. Il serait parfaitement envisageable de supprimer la région, afin de redonner à l'Etat le stratégique, et aux départements ou aux communes la proximité. Au passage, la disparition de la région affaiblirait les baronnies locales, sources de gabegie (il suffit de regarder les hôtels que se construisent les conseils régionaux, toujours somptueux et très coûteux), de clientélisme, ou même de corruption.

En parallèle, ce Grenelle de la décentralisation mettrait sur la table l'intercommunalité. Là où des syndicats intercommunaux existent encore, alors qu'une intercommunalité a absorbé leurs compétences, l'Etat doit imposer leur dissolution, et non se contenter d'attendre que les communes le fassent selon leur bon vouloir.

Alors, bien sûr, cette remise à plat de la décentralisation n'est envisageable que si le climat idéologique évolue à la tête du pays. A l'heure actuelle, sans trop savoir pourquoi finalement, il est de bon ton en haut lieu de toujours prendre à l'Etat pour donner à l'Europe ou aux collectivités, sans s'interroger sur les conséquences d'une telle politique en termes de dépenses publiques, de démocratie, et d'égalité entre les citoyens.

Quels résultats a donc produit ce dogmatisme partagé par l'UMP et le PS depuis 25 ans ? Pas grand chose de bon à notre avis.

Tirons-en les conséquences et retrouvons un peu de bon sens.

par Le Vrai Débat publié dans : Réforme/affaiblissement de l'Etat
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Dimanche 23 mars 2008



RGPP, pour "révision générale des politiques publiques", processus lancé par Nicolas Sarkozy en juillet 2007, qui mobilise depuis l'ensemble des cabinets ministériels, dans l'ombre d'un débat inexistant.

Sous cet acronyme technocrate, se cache la plus importante opération de destruction du service public jamais opérée en France depuis des décennies.

Il s'agit en effet de redessiner l'organisation de l'administration de l'Etat, dans le seul et unique but de permettre le non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Les justifications avancées sont souvent différentes, s'attachant à l'intérêt général, mais la réalité est bien sûr autre : seules les considérations financières servent de critères à la mise en place de cette RGPP.

Quelques exemples très concrets vous permettront d'apprécier la portée de cette entreprise de destruction. Il s'agit par exemple de revoir totalement l'administration de l'Etat dans les territoires, en fermant bon nombre de sous-préfectures, et en réduisant à peau de chagrin les administrations au niveau du département, telles la DDASS, ou la DDE par exemple. Résultat, une perte de proximité, de capacité d'accueil du public, et des territoires ruraux plus encore désertifiés.

Concernant les services de soins, la fermeture de la plupart des hôpitaux de proximité, dans nos petites villes, est également programmée.

Même chose pour les petits collèges, la moitié des bureaux de poste, les lignes de chemin de fer "les moins rentables", les 2/3 des casernes militaires sur le territoire, et la plupart de nos consulats en Europe (et tant pis pour les centaines de milliers de Français de l'étranger).

Voilà ce qui aujourd'hui est prévu dans le cadre de la RGPP.

La machine avance, inexorablement. Ce travail de sape du service public avait déjà été largement entamé sous les gouvernements PS et UMP précédents, mais il connaît cette-fois ci une accélération inconnue jusque là.

Il s'agit à n'en pas douter de programmer la suppression de nombre de postes d'agents de service public, pour complaire à Bruxelles quelques mois avant la présidence française de l'Union européenne.

Dommage pour le service public, dommage pour nos territoires de campagne, dommage pour les usagers. Pire, il n'est pas certain du tout que cette réforme entraînera la moindre économie pour les finances du pays, dans la mesure où les collectivités territoriales et les intercommunalités continuent elles de multiplier les dépenses, d'embaucher à tour de bras, profitant de la confusion incroyable engendrée par les catastrophiques lois de décentralisation Raffarin.

R G P P, n'oubliez pas ces 4 lettres, elles devraient faire des ravages, si aucune mobilisation ne s'organise.

par Le Vrai Débat publié dans : Réforme/affaiblissement de l'Etat
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