Se repérer dans le maquis de l'actualité n'est jamais chose facile, de surcroît lorsque les médias ne font pas le nécessaire travail de tri entre l'essentiel et
l'accessoire.
Les journées que nous venons de vivre sont à cet égard exemplaires.
Qu'a-t-on en effet retenu principalement de l'actualité d'hier ? Que le gouvernement et le président de la République souhaitent venir en aide aux pauvres parents d'élèves en
instaurant un service minimum obligatoire à l'école. Quelques micro-trottoirs dans les JT du midi et du soir, au seuil d'écoles fermées où se pressent quelques parents excédés, ont permis de
bien faire passer le message.
Exit donc les manifestations de la fonction publique, inquiète pour son avenir et celle du service public. Exit l'inquiétude de millions de citoyens devant les suppressions
massives de postes dans l'Education nationale (11 200 cette année, on parle de 19 000 en 2009 !), qui porte pourtant l'avenir de la Nation. Exit la funeste "RGPP" (révision générale des politiques publiques), entreprise de casse
du service public dans l'objectif de rentrer dans les clous budgétaires de Bruxelles...
Non, un seul sujet retient l'attention : la garde des enfants les jours de grève !
Quand on y réfléchit un instant, est-ce vraiment l'essentiel ? Ne faut-il pas d'abord se préoccuper de savoir ce que sera devenue notre école républicaine dans 10 ou 20 ans ? Ne
doit-on pas tenter de faire front face au dogmatisme libéral impulsé par Bruxelles depuis des années, et relayé en France à travers ce qu'on nomme pudiquement "réforme de l'Etat" ? Ne faut-il pas
s'inquiéter de voir les services publics abandonnés, décimés (hier les tribunaux, demain les hôpitaux, les casernes et les collèges ruraux) ?
Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont évidemment allumé un contre-feu hier, espérant reléguer au second rang ces épineuses questions, et faire
oublier leur échec total sur le pouvoir d'achat.
Ne soyons donc pas dupes. Ne rentrons pas dans ce petit jeu qui voudrait voir les professeurs et les parents d'élèves s'écharper sur l'accessoire, alors que l'essentiel est en jeu. Les
parents d'élèves comme les professeurs, comme l'ensemble des Français, ont intérêt à voir l'Ecole de la République se redresser.
Seuls quelques uns, au pouvoir dans les milieux politique, économique et médiatique, ont vraiment intérêt à ce que le Système se perpétue tel quel, laissant la mondialisation débridée et son
relais l'Europe de Bruxelles décider de tout et prendre le pouvoir partout.
Soyons en conscients, et refusons de nous laisser enfermer dans des débats de pacotille pour mieux exiger qu'on parle de l'essentiel.






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