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le TRAHISONOMETRE 

 

Pression sur les médias

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Vendredi 16 mai 2008

 




Se repérer dans le maquis de l'actualité n'est jamais chose facile, de surcroît lorsque les médias ne font pas le nécessaire travail de tri entre l'essentiel et l'accessoire.

Les journées que nous venons de vivre sont à cet égard exemplaires.

Qu'a-t-on en effet retenu principalement de l'actualité d'hier ? Que le gouvernement et le président de la République souhaitent venir en aide aux pauvres parents d'élèves en instaurant un service minimum obligatoire à l'école. Quelques micro-trottoirs dans les JT du midi et du soir, au seuil d'écoles fermées où se pressent quelques parents excédés, ont permis de bien faire passer le message.

Exit donc les manifestations de la fonction publique, inquiète pour son avenir et celle du service public. Exit l'inquiétude de millions de citoyens devant les suppressions massives de postes dans l'Education nationale (11 200 cette année, on parle de 19 000 en 2009 !), qui porte pourtant l'avenir de la Nation. Exit la funeste "RGPP" (
révision générale des politiques publiques), entreprise de casse du service public dans l'objectif de rentrer dans les clous budgétaires de Bruxelles...

Non, un seul sujet retient l'attention : la garde des enfants les jours de grève !

Quand on y réfléchit un instant, est-ce vraiment l'essentiel ? Ne faut-il pas d'abord se préoccuper de savoir ce que sera devenue notre école républicaine dans 10 ou 20 ans ? Ne doit-on pas tenter de faire front face au dogmatisme libéral impulsé par Bruxelles depuis des années, et relayé en France à travers ce qu'on nomme pudiquement "réforme de l'Etat" ? Ne faut-il pas s'inquiéter de voir les services publics abandonnés, décimés (hier les tribunaux, demain les hôpitaux, les casernes et les collèges ruraux) ?

Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont évidemment allumé un contre-feu hier, espérant reléguer au second rang ces épineuses questions, et faire oublier leur échec total sur le pouvoir d'achat.

Ne soyons donc pas dupes. Ne rentrons pas dans ce petit jeu
qui voudrait voir les professeurs et les parents d'élèves s'écharper sur l'accessoire, alors que l'essentiel est en jeu. Les parents d'élèves comme les professeurs, comme l'ensemble des Français, ont intérêt à voir l'Ecole de la République se redresser.

Seuls quelques uns, au pouvoir dans les milieux politique, économique et médiatique, ont vraiment intérêt à ce que le Système se perpétue tel quel, laissant la mondialisation débridée et son relais l'Europe de Bruxelles décider de tout et prendre le pouvoir partout.

Soyons en conscients, et refusons de nous laisser enfermer dans des débats de pacotille pour mieux exiger qu'on parle de l'essentiel.

par Le Vrai Débat publié dans : Analyses
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Samedi 3 mai 2008





A l'heure du premier anniversaire de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, la plupart des analystes tombent d'accord sur l'échec absolu de cette première année : promesses non tenues (cf le trahisonomètre sur ce site), style désastreux, politique étrangère alignée sur Washington, poursuite de la politique dogmatique de Bruxelles, contournement de la démocratie via le vote au parlement de la Constitution européenne rejetée en 2005...

Certains de ces analystes les plus lucides vont jusqu'à demander au président de quitter ses fonctions, pour cause d'inaptitude manifeste à les exercer. Inutile en effet de revenir là-dessus, chacun l'a maintenant remarqué : Nicolas Sarkozy n'a pas les capacités intellectuelles et morales pour occuper la fonction suprême.

"Il faut qu'il parte" écrit donc par exemple Sébastien Lapaque, pour reprendre le titre du dernier essai de cet écrivain classé "à droite". Nous sommes bien d'accord, et nous l'avions écrit il y a bien longtemps. Nous avions même perçu, sans grand mérite, et bien avant son élection, le désastre que constituerait une victoire de Nicolas Sarkozy.

Nous serions cependant plutôt tentés d'écrire "Il faut qu'ils partent", au pluriel. Pourquoi le pluriel ? Parce que le problème ne se résume malheureusement pas à Nicolas Sarkozy, ni même à l'UMP. C'est tout un Système qui échoue, au point d'être plus que jamais rejeté par les Français dans les sondages. Oui, il faut qu'ils partent, tous. Tous, ce sont ces multiples petits barons du Système, du PS, de l'UMP, du Modem, mais aussi des grands médias, qui ont confisqué la démocratie et imposent à la France une politique qui échoue, qui rabaisse le pays, l'appauvrit, et creuse les inégalités. Une politique qui va toujours à sens unique, sous couvert d'un débat factice.

Il n'y a rien à attendre d'un Nicolas Sarkozy, bien sûr. Mais que peut-on espérer d'une Ségolène Royal, d'un François Bayrou, d'un François Fillon, d'un DSK, d'un Manuel Valls, d'un Jean-François Copé ou d'un Bertrand Delanoë ? Rien, absolument rien. Et tout le monde le sait, ou le sent. Tout le monde le perçoit au regard de l'expérience de ces 25 dernières années, et du vide intégral que représentent ces 3 machines juste bonnes à voter au parlement les dizaines de directives qui nous viennent chaque année de Bruxelles, représentant 80% de nos lois, sans jamais l'avouer aux Français.

Il n'y a qu'une seule chose à espérer : que la chute de Nicolas Sarkozy signe la mort de ce Système, d'une façon ou d'une autre, qu'aucun d'entre nous ne pourrait aujourd'hui prédire. Par sa vulgarité, sa nullité, son esprit de cour et son mépris de la démocratie, le sarkozysme est une caricature du Système. Or l'histoire nous a souvent montré que tout grand mouvement passait toujours avant de mourir par une phase de folie, d'exacerbation de ses caractéristiques, telle l'étoile qui devient géante rouge juste avant de s'éteindre, ou la réaction nobiliaire juste avant la Révolution française.

Dans la même veine, avant de mourir, le baroque a donné le rococo, caricature de lui-même. Espérons que le sarkozysme sera le rococo du Système, et continuons d'oeuvrer en ce sens...

par Le Vrai Débat publié dans : Analyses
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Dimanche 27 avril 2008




De plus en plus présente sur le fond, mais épisodiquement à la une de l'actualité, la question des sans-papiers mérite d'être abordée avec tout le sérieux nécessaire.

Quand un millier de travailleurs clandestins font grève pour demander leur régularisation, ce n'est pas uniquement sous l'angle émotionnel, compassionnel, qu'il faut réfléchir au problème.

A la vérité, la question des sans-papiers est d'abord économique.

Déjà dans les années 1960 et 1970, le grand patronat français exigeait que la France ouvre les vannes de l'immigration. Le président Pompidou révélera à ce propos que le patronat avait en agissant ainsi une idée bien précise en tête : faire pression à la baisse sur les salaires manuels, et prévenir toute revendication sociale. Le raisonnement en effet est assez simple : placer les travailleurs français en concurrence avec une nouvelle main d'oeuvre importée, habituée à recevoir peu et à demander peu, ne peut que les conduire à revoir à la baisse leurs prétentions, pour espérer conserver leur emploi.

La situation aujourd'hui est globalement la même, mais le mouvement s'est étendu à de nouveaux secteurs : services, informatique, etc.

Les plus enclins à réclamer une immigration massive sont toujours à chercher du côté du grand patronat. Tous les rapports publiés à Bruxelles, largement inspirés de "Business Europe" (le MEDEF européen), préconisent l'entrée en Europe dans les années qui viennent de millions de nouveaux travailleurs immigrés, accompagnés de leur famille. Les rapports hexagonaux du MEDEF vont dans le même sens, sans d'ailleurs tenir compte du fait que notre démographie est moins alarmiste que celle de nos voisins.

La clandestinité est un moyen pour les employeurs de faire plus encore pression sur les conditions salariales. Un travailleur sans-papier sera en effet contraint de tout accepter, comme d'être rémunéré 3,8 € de l'heure, comme l'exemple nous en a été donné dans certains restaurants.

Ne soyons donc pas naïfs. Etudions le problème en connaissance de cause, sans tomber dans le tout-compassionnel vers lequel souvent on nous pousse. Repérons l'hypocrisie là où elle se cache, notamment chez ces patrons qui feignent de découvrir que 10 de leurs employés étaient clandestins...

Sous la pression des associations de sans-papiers, qui mériteraient elles-aussi qu'on s'y intéresse de plus près, le gouvernement va régulariser "au cas par cas", en commençant par les quelques centaines de grévistes. Qu'il prenne garde à ce qu'il fait. Du cas par cas au systématique, il n'y a souvent qu'un pas, que le MEDEF et les autres le pousseront à franchir.

par Le Vrai Débat publié dans : Analyses
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