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Lundi 25 février 2008

 



Depuis le passage à l'euro, les prix flambent.
Conjuguée à la stagnation des salaires, cette forte inflation se traduit par une baisse du pouvoir d'achat, accélérée ces dernières années et plus encore ces derniers mois.

Une nouvelle étude de 60 millions de consommateurs sur 1055 produits de grande consommation vient le prouver : la valse des étiquettes est plus forte que jamais, se traduisant par des hausses de 5 ; 10 ; 20 voire 50% en quelques mois ! Michel-Edouard Leclerc d'ores et déjà nous prévient : les prix continueront d'augmenter au rythme de 4% par mois (!) jusqu'à la fin de l'année.

Il a fallu la parution de cette enquête alarmiste pour que le gouvernement daigne réagir, en annonçant d'ailleurs 3 mesurettes extrêmement décevantes. Il n'a manifestement pas pris la mesure du drame qui se joue.

La montée des cours des matières premières n'explique pas tout, on le sait. Distributeurs et producteurs profitent en réalité de ce prétexte pour augmenter leurs marges et arrondir leurs profits déjà juteux.

Il est donc plus que temps d'agir, et de façon résolue.

Pour cela, nous osons l'écrire : il faut rétablir un contrôle des prix rénové. Cette mesure volontariste n'aurait rien de scandaleux. Parce qu' il faut bien se rendre à l'évidence : convoquer tous les quinze jours producteurs et distributeurs à Bercy, ou même à l'Elysée, ne sert à rien. Multiplier les "chartes de bonne conduite" est tout aussi inutile. Il faut donc prendre des mesures fermes, mais dont on est assuré de l'efficacité.

Il n'est plus possible de laisser faire. Déjà beaucoup de frontaliers sont obligés d'aller s'approvisionner à l'étranger, faute d'avoir les ressources suffisantes pour le faire en France. La paupérisation s'accélère. Il faut agir, taper du poing sur la table, et redonner de l'oxygène aux ménages français.

Alors, oui, bien sûr, il faudrait pour mettre en place cette mesure avoir le courage de défier Bruxelles et l'orthodoxie européenne, qui nous interdirait d'aller de la sorte contre le libéralisme défendu par les Traités. Oui, bien sûr, il faudrait avoir un peu de courage et oser pour une fois dire NON à cette Europe asphyxiante. Il faudrait défier le dogme, au nom de la raison, du bon sens et in fine de la survie de millions de familles accablées.

Ni le PS, ni le modem ni l'UMP n'ont osé pour l'heure faire ce choix audacieux. Les 3, décidément d'accord sur tout ou presque, se contentent toujours des mêmes vieilles recettes dérisoires et sans effet. 

Mobilisons-nous, sur Internet et partout. Encourageons les mouvements de débrayage dans le public, et dans le privé (où déjà on assiste à une multiplication depuis quelques temps des conflits sociaux, ce qui est inédit). Faisons pression, hurlons notre ras-le-bol. Forçons-les à prendre des mesures appropriées !

par Le Vrai Débat publié dans : La Boîte à débats
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Mercredi 13 juin 2007

La TVA "sociale" est un très bon exemple de ce que nous ne cessons de pointer du doigt sur ce site : l'absence de différences de fond entre PS et UMP, tous deux prisonniers des mêmes présupposés et des mêmes contraintes européennes.

En quoi consiste en effet la TVA "sociale" ? Il s'agit d'augmenter le taux de TVA, qui frappe tous les produits, et de baisser les charges patronales, qui ne touchent que les entreprises installées en France. En se fondant sur cette analyse, le gouvernement prétend qu'il s'agit d'une mesure efficace pour lutter contre les délocalisations, même si elle se fait au mépris de toute justice sociale, en taxant lourdement les ménages pour redistribuer aux chefs d'entreprise.

Beaucoup d'économistes estiment pourtant que cette mesure ne permet pas de lutter réellement contre les délocalisations, en favorisant in fine les produits venus des pays à bas coûts, Chine et Inde en particulier. En effet, augmenter brutalement la TVA comme le gouvernement a prévu de le faire (en la portant de 19,6% à 24,6% après les élections municipales de 2008) incitera les ménages subitement appauvris à se tourner vers les biens les moins chers, fabriqués par définition dans les pays émergents, asiatiques pour la plupart. Conséquence de ce scénario noir, une accélération des délocalisations vers ces pays où la main d'oeuvre ne coûte presque rien.

Mesure parfaitement injuste, et certainement inefficace, que le PS s'est empressé d'utiliser comme argument électoral quelques jours avant un second tour qui devrait se révéler catastrophique pour sa position à l'assemblée nationale.

Le Parti socialiste manque cependant cruellement de crédibilité pour user de cet argument et feindre d'être scandalisé par une telle annonce. N'était-ce pas en effet un de ses principaux lieutenants, Dominique Strauss Kahn, soutenu par ses troupes et jamais démenti par la direction du parti, qui proposait il y a quelques mois ...l'instauration d'une TVA sociale en France...

Aujourd'hui le PS s'épouvante de cette mesure, sans proposer d'ailleurs aucune autre alternative contre les délocalisations.

Et nous revenons là à l'introduction de notre propos. PS et UMP n'ont rien d'autre à proposer parce qu'ils sont prisonniers d'un système qui les contraint à tous les niveaux. Une des solutions les plus efficaces pour combattre la désindustrialisation de notre pays et les délocalisations est à chercher du côté de la politique commerciale de l'Union européenne. Tant qu'elle restera la plus libre-échangiste du monde, loin devant les Etats-Unis ou le Japon beaucoup plus pragmatiques, elle se révélera catastrophique pour la croissance et l'emploi. Il faut d'urgence la réviser, et obliger la Commission européenne à sortir de son dogmatisme avec bien plus de fermeté qu'on ne le fait aujourd'hui. Il faut aussi revoir les règles des Traités, qui font du libre-échange intégral l'alpha et l'oméga de toutes nos politiques intra et extra européennes. Il faut enfin permettre le développement d'une vraie politique industrielle et d'innovation au niveaux national et européen, alors que la politique de la concurrence et de contrôle des aides d'Etat, contenue dans les Traités et appliquée avec zèle à Bruxelles, empêche toute évolution en ce sens.

La TVA "sociale" est emblématique de cette incapacité des partis officiels, des partis du OUI à la Constitution Giscard, à remettre en cause les schémas de pensée établis, qui sont pourtant depuis 25 ans en faillite.

Il y a beaucoup à faire pour sortir de cette impasse. Il nous faudra dans les années qui viennent sans cesse oeuvrer pour renforcer une opposition nationale, antilibérale, pragmatique et volontaire. Les lignes ont déjà bougé dans les têtes, beaucoup d'éléments nous le prouvent, et les thèmes de cette campagne présidentielle nous l'ont encore confirmé. A nous maintenant de participer à ce que les lignes bougent dans les urnes. Nous reviendrons très bientôt plus en détails sur cette question, une fois connue la composition exacte de la future assemblée nationale.

publié dans : La Boîte à débats
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Dimanche 18 février 2007

 

Jusqu'ici, les délocalisations apparaissent comme les grandes oubliées médiatiques de cette campagne. Et pourtant, pas un jour sans que de nouveaux emplois quittent la France pour l'Europe de l'Est ou des contrées plus lointaines. Pas un jour sans que des ouvriers, des employés manifestent devant la porte close de leur entreprise. Une étude de 2006 du CAE (Conseil d'Analyse Economique) le confirme : une part croissante de la désindustrialisation de notre pays a pour origine la concurrence internationale (cf http://cae.gouv.fr). Ce thème devrait donc figurer au coeur de la campagne, comme il est déjà au centre des préoccupations populaires.

Mais il n'a pas cette place. Et pour cause. Les principaux candidats, notamment UMPS, mais aussi il faut bien le dire François Bayrou, n'ont pas grand chose à proposer aux Français sur cette question. N'acceptant pas de rompre avec le libre-échange intégral qui conditionne toutes les politiques économiques qu'ils ont mis en oeuvre ces dernières décennies, ces candidats manquent d'arguments et ne peuvent que constater leur impuissance face à un phénomène qui peut pourtant s'analyser. Aux Etats-Unis en effet, ainsi qu'au Japon ou ailleurs, la réflexion est déjà bien engagée et les solutions relevant du "protectionnisme intelligent" couramment employées. Il s'agit de protéger ponctuellement un secteur outrageusement menacé par la concurrence déloyale de pays sans normes sociales et environnementales grâce à des droits exceptionnels. Peut-on en effet accepter les règles du jeu actuelles quand un pays comme la Chine ne les respecte pas en refusant de réévaluer sa monnaie et de mettre en place ne serait-ce qu'un embryon de politique de protection sociale ? Doit-on être assez fou pour continuer à voir, les bras croisés , nos emplois filer à un rythme toujours plus grand ? Doit-on uniquement compter sur l'innovation et les nouvelles technologies en laissant disparaître à côté des centaines de milliers d'emplois occupés par des salariés ultraspécialisés ?

Il faut, sur ce sujet comme sur beaucoup d'autres, rompre avec la bien-pensance libérale et libre-échangiste qui a montré depuis 25 ans ses limites. Laissons la place au pragmatisme. Le bon sens appelle la mise en place progressive et négociée d'un protectionnisme intelligent, en France et en Europe. Il n'y a pas de raison que notre pays, tout comme l'Union européenne dans son ensemble, soient les zones les plus ouvertes du monde, ce qu'elles sont largement aujourd'hui. Sous prétexte de construction européenne qui a peu à peu dévié vers le tout-libéral et l'acceptation  d'une mondialisation débridée, le protectionnisme est devenu au fil des ans un mot tabou. Il le reste pour ces candidats qui ont participé à cette dérive de l'Europe et qui ont regardé passivement depuis des années la France se vider de sa substance économique et industrielle. Il faut mettre fin à cette aberration.

Le patriotisme économique, qui utilise les armes du protectionnisme intelligent, est une réponse salutaire. Elle doit être défendue haut et fort, sans craindre les rodomontades des as de la bien-pensance libérale dont on connait les fabuleux résultats qu'ils ont obtenus au pouvoir ! Il est navrant de constater que ni Nicolas Sarkozy, ni Ségolène Royal, ni François Bayrou (une fois encore bon dans la dénonciation mais faiblard sur les propositions) ne souhaitent remettre en cause, même partiellement, le libre échange intégral et dogmatique. Leurs promesses par ailleurs ne sauraient être tenues dans ce contexte. Ils le savent ; qu'ils le disent.

Sébastien Ticavet

publié dans : La Boîte à débats
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